2017. Une année nouvelle. Pour le jardin aussi?

La Rose de Noël survit à l’ambiance de la fête à la maison. Replantez-là au jardin!

Pour le jardin aussi, oui, mais rien n’est sûr. Car l’idée même du jardin n’est pas la même selon les heureux propriétaires d’un petit bout d’espace sur la planète. Il y a des facteurs tangibles, en particulier ceux qui montrent  – par exemple – que les pesticides sont interdits depuis le 1er janvier sur le domaine public. Mais bien sûr il y a des dérogations. Qui seront mal utilisées. Le nombre de municipalités et de collectivités qui montrent le bon exemple est encore bien minoritaire. Pourtant certaines municipalités n’ont pas attendu la loi pour changer les pratiques, mais il faut énormément de courage aux élus qui doivent afffronter des critiques incessantes.

Quand aux particuliers et à l’agriculture conventionnelle, ils font le gros des achats de produits phytosanitaires, et permettent ainsi à la France de battre le record d’Europe de l’usage de pesticides.

Disons le encore et toujours : on ne remplacera pas les produits chimiques toxiques par des produits innocents ou « peu préoccupants ».  Le savon noir n’est pas méchant pour nous, mais sur des oeufs ou des larves d’insectes très utiles (Chrysope, Coccinelle, Syrphes etc…) il tue avec la même efficacité.

Nos ancêtres n’ont jamais vécu en harmonie avec la nature, jamais « naturellement ». Mais pour abandonner cette lutte molléculaire qui hypothèque la santé de nos générations futures sur la planète, il faudra changer nos habitudes, nos comportements, notre façon de voir et de gérer notre environnement. Ce qui passera par la prise en compte globale de nombreux facteurs environnementaux. Depuis la nature des sols jusqu’aux microclimats, depuis les affectations de ces sols jusqu’aux choix de culture, tout devra être écrit à toutes les échelles – par  vocations,  et inscrit dans une idée d’évolution. On ne dessinera plus des jardins comme s’il s’agissait d’un décor figé pour une grande occasion , on ne construira plus de grandes surfaces sur de bonnes terres agricoles profondes. Quelques années plus tard, le survol de certaines zones les montrent déjà trouées par les friches « commerciales , artisanales et industrielles »…

Sur bien des points, j’espère que 2017 nous donnera l’occasion (en particulier par vos questions )  de parler d’actualité comme d’avenir, sans jamais perdre de vue que nos jardins –  minuscules ou majuscules – ne sont que des petits morceaux d’écorce terrestre. Sur lesquels nous devons vivre. Et ce n’est pas mince, non ?

 

Il fait plus froid? Vous avez des questions?

Une simple petite chute des températures suffit à transformer le paysage...

Une simple petite chute des températures suffit à transformer le paysage…

L’hiver météorologique ne se confond pas avec l’hiver du calendrier. Il commence avec le premier jour du mois de décembre, pour s’achever avec le dernier du mois de février. Pour les jardiniers comme pour les possesseurs de quelques plantes plus ou moins rustiques c’est toujours l’occasion d’un grand questionnement. Evitons le casse-tête, c’est presque toujours possible, sans oublier que partout où les gelées ne sont ni sévères ni durables ces trois mois d’hiver sont les meilleurs pour les plantations durables et plus économiques.

Vos questions sur les antennes de France Bleu Hérault en direct le dimanche matin de 9h à 10h30 au 04 67 06 58 60 00, fréquences à retrouver sur france bleu.fr,

Ou bien sur le net : joel.avril@radiofrance.com , ce qui vous permet de joindre une ou deux photos ( pour faciliter les diagnostics, ou encore vous féliciter ce qui n’est pas rare!)  et  votre n°de téléphone. C’est ainsi que nous en parlons ensemble, sur l’antenne.

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Les jardiniers rentrent aussi…Dans vos radios !

Nouvelle grille de programmes ? J’ai toujours été ravi de cette image qui illustre à la fois un emploi du temps de diffusion (radio ou tv) précisément minuté, et le portillon d’accés au jardin souvent d’autrefois, mais pas toujours. Une grille peut être ancienne, rouillée et pleurer au manque d’huile, ou bien monumentale et ouvragée comme celles des grands jardins de France, mais passer les unes ou les autres ouvre toujours sur un monde différent.  Modestes potagers ou parcs botaniques, espaces problématiques des lotissements contemporains ou havres heureux perdus dans la campagne, les jardins ont le pouvoir de nous réconcilier avec notre propre nature humaine. A la condition de savoir encore un peu observer le vivant avec curiosité et amour. L’important n’est pas de connaitre le nom de toutes les plantes et de tous les êtres vivants du jardin. Et encore moins de les classer en « utile » ou « nuisible » en entrant dans des combats épuisants et coûteux ( pour vous, pour nous tous, comme pour les générations à venir)

Observer, aimer, vivre le jardin.

Observer, aimer, vivre le jardin.

Pendant que certains rôtissaient au soleil, d’autres fréquentaient les files d’attente des musées ou des salles d’embarquement des aéroports, et d’autres encore rongeaient leur frein – en rêvant d’accélérateur – dans les ralentissements.

Ne me posez pas la question, je ne me suis pas éloigné du jardin, je ne l’ai pas quitté pour les vacances. Sans vraiment y travailler péniblement non plus. Un été de contemplation, d’observation, de joie de vivre avec des oiseaux, des papillons, des insectes, des araignées sous les yeux.  Des fleurs, bien  sûr aussi, même si l’été « écrase » toujours la végétation qui – comme en hiver – se met au ralenti dans les départements du midi. Avec septembre reviennent les Amaryllis belladonna au parfum délicieux, et les lumineux  Sternbergia ou « crocus d’automne »  dont les bulbes plantés il n’y a que 4 ou 5 semaines sont déjà en fleurs!

Tenez, alors que je pense sérieusement à notre rendez-vous de dimanche prochain  sur  France Bleu Hérault, comme tous les jours à la même heure le Moro Sphynx ( le seul papillon diurne d’une famille de nocturne) vient visiter les fleurs des Plumbago. Vol stationnaire face à la fleur, il déroule une fine et longue trompe pour aller boire une gouttelette de nectar invisible. Avec son air de colibri, ce papillon est un migrateur qui traverse la Méditerranée. Ce spectacle, cette simple mais ponctuelle visite de la bestiole m’enchante, me fait fondre de bonheur. Pourquoi voudriez-vous que j’aille très loin pour coincer la bulle ?

Notre rendez-vous : Dimanche 4 septembre, 9h, en compagnie de Léopoldine Dufour, sur France Bleu Hérault.  

 

L’amour n’est plus cerise (depuis longtemps…)

Un petit ver ...de poison?

Un petit ver …de poison?

Ce printemps 2016 nous aura au moins permis de comprendre quelque chose de très important. Les producteurs français de cerise se sont alarmés de l’interdiction des spécialités phytosanitaires à base de Diméthoate pour éviter que les larves de la mouche de la cerise ne se développent dans le fruit. L’argument  pour demander à bénéficier d’une prolongation de l’autorisation d’usage du Diméthoate étant celui-ci :  » Les autres européens importent chez nous des cerises qui  ont été traitées avec cet insecticide  »

Rassurons-les. Tout comme vous, certainement, je n’achèterai pas de cerises européennes sans garantie sérieuse de non-emploi de ce genre de pesticide. Comme l’harmonisation européenne dans ce domaine est encore à des années-lumières de la réalité, mais comme la France est – tant bien que mal – dans le peloton de tête des bonnes intentions et dans leur mise en pratique réelle, je tendrai la main vers les cerises les plus propres. Soit parce que j’ai la chance de connaitre des propriétaires de  cerisiers qui ne ramassent plus les fruits et qui ne s’en occupent plus ( il y en a plus que vous pouvez imaginer, essentiellement pour des raisons économiques) donc pas de traitement chimique, soit parce qu’un label vert sérieux me garantit qu’elles sont vierges de ces traitements.

Vous lavez les cerises ? Ca ne sert pas à grand chose, le produit est systémique, il est à l’intérieur du fruit. 85% sont éliminés en allant faire pipi,  mais 15 % se retrouvent dans le foie. Est-ce normal?  Là, dans ce filtre organique, cette molécule en retrouve d’autres. Beaucoup d’autres, résidus de nos habitudes de vie, d’hygiène, d’alimentation, de santé. Ne peut-on pas redouter ce qu’il se passe ensuite entre toutes ces molécules ? Ne faudrait-il pas sérieusement attaquer ce problème des accumulations chimiques et des transformations biochimiques à l’intérieur de nos organismes ? Qui se préoccupe de celà?

Au fait, quand nous étions enfants , regardions-nous le contenu de la cerise avant de l’éclater sous nos quenottes et de nous en gorger de sa pulpe juteuse ? Non, nous ne regardions pas. Nous avons dû en avaler pas mal, des petites larves de la mouche du cerisier!

Et justement, à l’heure où les insectes font leur apparition dans notre alimentation , il faut savoir que ce petit asticot dans la cerise, lui n’a jamais rien mangé que de la bonne pulpe de cerise. Il est né d’un oeuf pondu sur le fruit , il n’a jamais trainé ailleurs. On en connait toute la « traçabilité », elle est transparente !

En tout état, s’il nous est demandé de choisir entre le poison invisible et sournois et le petit « ver » plein de jus de cerise, malgré mon amour des bêtes, c’est lui que j’ai choisi de déguster!

Le cerisier est en fleurs. Entre symbole éternel et espoir de consommation....

Le cerisier est en fleurs. Entre symbole éternel et espoir de consommation….

 

 

 

Maux de saison…

Petit « rhube » ou gros chagrin? Voilà maintenant qu’elle a la goutte au nez !

Puis-je vous demander un mouchoir?

Puis-je vous demander un mouchoir?

Tout de suite après la pluie les mimosas (Acacia dealbata) ressemblent à des serviettes mouillées. Quelle tristesse. Tout avait beaucoup (trop?) d’avance au jardin, la moindre petite descente d’air frais – ou froid – vient calmer les emballements précoces. Certains veulent de la neige, d’autres espèrent  la poursuite de l’hiver que nous avons connu jusque là. La neige revient, pas le froid, le vrai qui fend les pierres… Et dans une vingtaine de jours, le 1er mars, ce sera le printemps météorologique. Qui ne correspond pas toujours à la sensation attendue… Les questions à ce sujet sont également les bienvenues !

Merci Michel

Toujours branchée sur la radio, notre fille aînée vient de m’annoncer ton départ. Nous ne nous sommes pas souvent rencontrés, mais nous avions pourtant au moins autant d’atomes crochus que la bardane a d’hameçons sous ses fleurs.

En 1980,tu avais lu un article que je venais de signer dans « Les Quatre Saisons du Jardinage », et mon expérience de semis à partir d’un Erable de Montpellier situé à 700 m en Vivarais Ardéchois, t’avait bien intrigué. Tu voulais « en savoir plus ». Ah, cette curiosité qui fout le camps aujourd’hui…

Puis je t’ai envoyé « Chlorophylle et p’tits oignons », le livre écrit avec les recettes de cuisine des auditeurs de « Radio France Drôme » aujourd’hui « France Bleu Drôme-Ardèche » .
Je t’avais confié l’idée d’un projet de livre que j’aurais titré « Auprès de mon arbre » en référence à notre cher Tonton Georges, et j’ai eu de plus en plus de travail pour cette antenne où je débutais dans un nouveau métier, celui d’animateur, et accessoirement de chroniqueur.

Le projet a dormi au fond de son tiroir, et un jour le téléphone a sonné. Tu m’appelais pour me demander si j’avais avancé « Auprès de mon arbre ». Non, déjà je n’avais pas eu le temps.

Là, tu m’expliques que tu viens de signer pour une chronique à France Info, que tu dois lui donner un titre , et que tu aimerais bien l’appeler « Auprès de mon arbre ».
Et je t’ai répondu bien sûr que ce titre ne m’appartenait pas , que Tonton Georges ne nous en voudrait peut-être pas de ce glissement d’un projet de livre en pâte à papier riche en arbres, vers une chronique d’informations riche en chlorophylle..hertzienne.
Et ta chronique sur France Info s’est appelée « Auprès de mon arbre ». Je n’ai jamais oublié cette élégante éthique professionnelle, mais avant tout humaine. Quel gentleman (gentilhomme), Michel !

Lorsque tu as été méchamment éprouvé, forcé de lever le pied, tu as pensé à moi. Terrorisé, je t’ai remplacé plusieurs fois sur France Inter, puis à l’heure où tu décidais de prendre du recul, sur France Info, en binôme avec Claude Bureaux.
Je te dois beaucoup, beaucoup, Cher Michel. Je te suis infiniment reconnaissant.
Tu m’as porté une estime forte et encourageante. Un grand frère, dans ce bizarre métier de la communication du jardinage, tu as été déterminant. Tu m’as rassuré.

Mais d’abord journaliste et fier de l’être, tu dois trouver là que « je fais trop long ».

Oui! Et j’aimerais encore trouver des mots pour Marlène, pour vos enfants.Je pense très fort à elle, à eux. Notre grande fille sait cet étrange attachement de gens qui se promettent toujours de se rencontrer, sans pouvoir se retrouver…
Vous n’aurez pas eu le temps de prendre le chemin qui va de Saintonge en Cévennes, où – est-ce un signe – le plus bel arbre du jardin meurt d’un mal inexplicable, en ce moment même.

Quelle tristesse, Michel Lis. Il ne nous reste plus qu’à nous donner rendez-vous. Au Jardin.

Joël Avril.

L’heure des Pivoines….

Pivoine 05 2015

Paeonia lactiflora « bowl of beauty »

Plus une touffe de pivoine est ancienne, plus elle est rassurante et belle. Un lecteur s’est abstenu de faire ce que trop de nouveaux acquéreurs de maisons anciennes avec jardins font au moment de prendre possession : décréter qu’il convient de tout refaire dans le jardin. Tout arracher. Le triste « je refais tout à mon idée ! » Toutes les idées ne sont pas mauvaises, hélas elles ne visent que rarement à intégrer les vieux meubles dans un cadre plus neuf, plus jeune.
Aujourd’hui, ce lecteur est fier de posséder une pivoine qui forme un massif de plus de 2 m2. Il ne l’a pas plantée, il en a hérité avec la maison de village.
Une touffe de pivoine de plus de 30 ou 40 ans est un bien inestimable. Il faut savoir que les hybrides en vente aujourd’hui, même par les plus sérieuses maisons, ne devraient pas atteindre ces âges là, âge de plénitude, de développement régulier, fidèle, spectaculaire. C’est vrai pour les pivoines, c’est vrai – également- pour nombre d’espèces végétales….
Pivoines ? L’occasion de rappeler qu’il faut aussi planter son nez dans les fleurs. Beaucoup sentent bon, et même très bon.
Que ce ne sont pas des plantes de terre de bruyère, bien au contraire, elles apprécient la vie dans les sols argilo-calcaires, un peu humifères quand même,Pivoines 05 2015
Et que leur ancêtre sauvage, encore présente dans la nature ici et là (où çà? ne comptez pas sur moi pour vous le dire!) NE DOIT JAMAIS ËTRE CUEILLIE NI ARRACHEE en vue de transplantation au jardin….

Vivant, si possible !

La coccinelleLa coccinelle bénéficie d’un taux record de popularité. Elle ajoute une attendrissante sympathie à une attention plus… intéressée. A la fois « porte-bonheur » ou devineresse dans les traditions populaires, et amie utile au jardin par sa consommation de pucerons. L’étonnante petite bestiole fait tellement l’unanimité qu’elle cache les milliers d’autres espèces d’insectes dont le rôle est important, et que nous ne pouvons – ou ne voulons hélas – plus voir. Parce qu’ils ressemblent parfois un peu à d’autres insectes dont on se méfie, guêpes et mouches en tout genre, et le plus souvent parce qu’on les ignore, que nous ne nous posons aucune question à leur sujet.
Quel dommage, quel gâchis ! Il en va de même avec l’abeille domestique, plutôt bien défendue par les apiculteurs, mais qui ne doit pas faire oublier tous les autres hyménoptères, abeilles solitaires et bourdons, responsables sacrifiés alors que ce sont également des pollinisateurs et pour d’autres des prédateurs ou des parasitoïdes. Et que dire aussi de nos araignées, de nos reptiles, des oiseaux privés de vieux arbres, d’arbustes caduques touffus ou, comme les hirondelles, chassées des génoises au prétexte qu’elles salissent les façades !…

Nos jardins n’ont pas vocation à être propres comme des salles à manger ou des salles de bains. Est-il de dimensions très modestes ? Vous avez quand même l’immense chance de disposer d’un petit morceau de notre planète. Ou protéger la nature en l’aidant à se réinstaller, en bannissant par exemple l’emploi de tout pesticide. En 40 années d’écoute et de conseil il m’a beaucoup plus souvent été demandé « Que faire contre… » que « Que faire pour ? » En revenant à notre coccinelle, n’est-il pas paradoxal qu’il nous soit proposé d’en acheter alors qu’il suffirait de rendre nos jardins simplement accueillants pour elle, pour tous nos fidèles auxiliaires, et pour tous les organismes qui étonnent, qui ravissent, qui émerveillent ?

Vous voici sur un blog des jardins vivants, ouverts sur – et – à la nature. Soyez les bienvenus !

Joël Avril en studioJoël Avril