Vive le vent (air méconnu !)

Au printemps les épisodes de gelées matinales ne sont pas rares. Ils ont même bouleversé la vie de nos ancêtres des campagnes au point que la tradition garde en mémoire, dans ses dictons, le souvenir cruel de ces gelées qui surviennent au plus mauvais moment. C’est ainsi qu’ici ou là, vous entendez encore parler des « Vachers », des « Cavaliers du froid » ou des Saints de glace. Ce ne sont que des dates sur le calendrier, mais elles rappellent que nos aïeux observaient déjà fréquemment ce genre de phénomènes catastrophiques. Lier le risque de cette calamité aux repères datés que constituent les fêtes des Saints étant la meilleure façon de s’en souvenir. Lorsque la végétation se réveille, il suffit de quelques minutes pour véritablement brûler les bourgeons et les boutons, les jeunes feuilles tendres pleines de sève. Je l’ai souvent observé sur la vigne. Effrayant spectacle, les petites feuilles roussissent, brunissent à vue d’oeil ! Sur d’autres végétaux, également parfaitement rustiques, le risque est identique sur des feuilles déjà développées.

Brûlures sur la pousse récente d’un « Hortensia grimpant »

Et, si dessous, sur les nouvelles feuilles du Cornus Kousa « Satomi » (Cornouiller japonais)

Ou bien sur les anémones du Japon, à 2 pas de là:

Imperturbable, le muguet du 1er mai n’attendra pas la date ! Ce serait exceptionnel . Le muguet est toujours en avance. Seul la faiblesse des températures diurnes ralentit son développement. Voici une image cueillie il y a quelques heures.

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Retenons ce qu’il faut savoir. Ces gelées tardives sont favorisées par un ciel dégagé, l’absence de nuages et d’humidité de basses couches (absence de brumes, de brouillards) ET PAR l’ABSENCE DE VENT. Ce que notre sensibilité a parfois du mal à admettre, ce fameux « ressenti » qui ne correspond à aucune valeur mesurable. L’air froid descend vers le sol, plus il stagne, plus il est dense, plus il se refroidit ! Seul le vent en agitant la masse d’air pourrait s’opposer à ce phénomène et le stopper.

Les jardiniers amateurs ne devraient pas céder à la tentation (ou aux « conseils » de certains vendeurs) de planter «  bien à l’abri » un végétal à la rusticité incertaine, par exemple d’origine subtropicale. En l’occurence un léger courant d’air est préférable ! Dans le cas de ces gelées tardives seule une protection à 1 ou 2 m au dessus de la plante peut en atténuer la gravité. Une protection latérale n’est pas utile, mais un « toit » s’opposant au refroidissement venu d’en haut est salutaire. Nos mémées avaient bien raison de placer leurs potées fragiles sous l’escalier extérieur ou l’auvent, dès que le risque se faisait sentir, dès la veille au soir. NB – Ciel clair, pas de vent, attention !

Mais que faire après le gel ? Que faire si vous observez des dégâts, feuilles brûlées bourgeons noircis. Rien pour l’instant, il est urgent de ne rien faire. Et après ?

Réponses rapides à vos questions posées ci-dessous, en commentaires, n’hésitez pas !

Vous en cultivez un jour, elle revient toujours…

Au jardin nature , les plantes qui se resèment sont nombreuses. Elles deviennent des hôtes permanents, elles habitent à demeure et fleurissent chaque année, souvent en changeant de place grâce à leurs rhizomes ou bien sûr à leurs graines ! Ainsi cette violette d’origine américaine nommée Viola sororia « Freckles ». Les « freckles » traduisez les taches de rousseur, les ponctuations. Elle peut faire penser aussi au geste d’un peintre qui aurait secoué un pinceau au dessus des fleurs. Elle n’a pas le parfum de nos violettes, mais ne se présente pas comme une création horticole. Il s’agirait d’une mutation naturelle de l’espèce sororia blanche. En tout cas cette curiosité est vraiment très rustique, et n’a pas d’exigence particulière quand au sol ou à l’exposition. Elle est bien chez vous!

La « Barlia » est de retour !

Il y a quelques années on la croyait disparue de certains secteurs du midi méditerranéen. Les mesures de protection mais surtout l’évolution des pratiques agricoles ont fait que l’Orchis géant est redevenue commune. Tout au moins quand on lui en laisse le temps. Himantoglossum robertianum pour les botanistes, cette orchidée terrestre délicatement odorante est la plus grande de la famille, jusqu’à 40 ou 50 cm, et se rencontre sur les sols calcaires. Elle est également parmi les plus précoces et passe pour une messagère du printemps.

Pour en avoir chez vous ? Ne tondez plus vos vieux gazons, ou seulement en fin de printemps début d’été. Ils évoluent lentement en prairies riches de vie. Aux engrais spéciaux pour le gazon trop riches en azote, préférez des apports organiques, d’origine naturelle, comme le fumier de ferme pulvérisé, ou liquide.

Les 15 derniers jours de l’arbre aux perles

Tout commence par des boutons ronds comme des perles.

Cette image date du 12 mars dernier.

Dès lors une visite quotidienne s’impose.

Le volume des perles augmente.

Puis elles s’ouvrent lentement, aidées en celà par la fraicheur matinale proche de zéro degrés, suivie d’une grande douceur en journée.

Et en ce tout début d’avril, l’arbre aux perles – un arbuste de taille modeste – se couvre de la neige de ses fleurs d’un blanc pur, très lumineux.

Tous les stades du bouton à la fleur épanouie sont visibles sur les rameaux retombants de cet arbuste trop méconnu.

Notez bien son nom : Exochorda macrantha