Toutes les satisfactions avec … les camélias du Japon.

Ni difficile, ni ingrat, le Camellia japonica.

Comme chaque année à la même époque, les camélias du Japon font parler. Et se poser des questions. C’est l’occasion de rappeler que de nombreux camélias souffrent de trop de soins ou de soins inutiles ! Ce n’est ni une plante fragile, ni une plante gourmande. Certes elle a – comme tous les végétaux – un climat et un sol d’élection, mais avec une large tolérance. Les camélias du Japon sont toujours plus heureux sous un climat doux et humide (pas nécessairement très pluvieux) et dans des sols neutres ou acides.

Il n’y a pas de secret, pour réussir les plus belles floraisons vous pouvez vous passer de l’achat d’engrais. Au moins deux fois par an , après la floraison et une autre fois à l’automne, apportez au pied de grandes quantités de déchets végétaux « bruts »: feuilles mortes à l’automne (robinier, sophora , frênes, en particulier sont très appréciés, mais vous pouvez également ajouter des aiguilles de conifères, de la paille, du BRF) avec du fumier bien composté. Au printemps après la floraison, paillez avec des tontes de gazon sèches, ajoutez un peu de sang séché, évitez les produits a base de corne et d’os. C’est tout ce que vous avez à faire, avec quelques arrosages à l’eau non calcaire en fin d’hiver si celui-ci a été sec. Ces apports réguliers de déchets végétaux remplacent avantageusement la terre « dite de bruyère ». Que vous pouvez utiliser si vous n’avez pas de jardin , si vous cultivez vos camélias sur votre balcon…..Et ne faites aucun traitement dit « préventif ».

 

Ellebore, Helleborus (bot.), Nocca (Corse)

Hellébore de Corse. A haute valeur hivernale!

« On en a parlé à la radio dimanche 5 mars » de cet ellébore si dru , si facile à cultiver, et si fidèle. Lorsque vous en avez un pied au jardin à mi-ombre ou au soleil, vous en aurez toujours, même si le sujet d’origine disparait en général assez vite (4 ans environ). Il se ressème allègrement, vous n’en manquerez pas pour en replanter plus loin, ou faire des cadeaux aux copains!

Cette grande ( plus d’un mètre)  plante est impressionnante par son apparence « armée » alors que les dents du bord des folioles sont souples et ne piquent pas. Et les grandes fleurs vertes en bouquets sont particulièrement lumineuses par les petits matins gris de la fin de l’hiver….

 

Pas curieux s’abstenir…

Le plus de toutes les petites balades et longues randonnées

En famille ou entre amis, il n’est pas rare que les regards tombent sur curieuses petites scènes à droite et à gauche du chemin. Ce qui fait que la joyeuse troupe posent des questions. Les enfants veulent savoir pourquoi. Les parents avouent (ou pas…) leur igorance. Pourquoi ces lichens abondants sur les arbres témoignent-ils d’une grande pureté de l’air ? Pourquoi toutes ces coquilles d’escargots vides et cassées sur cette pierre? Qui a fait ce gros tas d’aiguilles de pin? Pourquoi ces feuilles sont-elles découpées aussi précisément?  Qui a arraché l’écorce de cet arbre ?  Des scènes qui étonnent les gens curieux, il y en a 150 dans ce guide passionnant et utilisable au jardin comme dans la nature! Grâce au naturaliste Vincent Albouy, inlassable pédagogue de l’insecte je n’ai plus vu le jardin de la même manière, et il ne s’en porte que mieux. Quand à Claire Felloni qui signe les illustrations de ce ce guide on aimerait en exposer les oeuvres sur les murs de la maison. Le dessin a la précision exigée par la science mais il respire de la sensibilité de son auteure. Une artiste. Merci Claire, merci Vincent.

Guide des Curieux De Nature …en 150 scènes. Vincent Albouy et Claire Felloni Delachaux et Niestlé. 19,90€ (prix France)

Rechercher une protection pour survivre…

Observation de saison…

Tout se passe comme si ces crocus étaient allés s’installer au plus près possible des cépées de cornouiller. Car soyez en sûr, personne ne les a plantés là. Ce sont les descendants de crocus plantés dans la pelouse. Ont-ils appris que le passage de la tondeuse avait de trop fâcheuses conséquences pour leur espèce ? Toujours est-il que ceux là pourront achever leur cycle biologique tranquillement, sans être privés de leur feuilles. Ce qui les prive de la possibilité de réalimenter leurs réserves (contenues dans les bulbes) et donc – à terme – de disparaitre. « Intelligence » naturelle !

On en a parlé à la radio dimanche 29 janvier 2017

Le clerodendron trichotomum. Parfois nommé « l’arbre du clergé »  Photo: Jacques de Mauguio.

Jacques (de Mauguio,34) nous a envoyé 3 photos d’un petit arbre planté par ses soins dans son jardin. Il désire en connaitre le nom car il ne  l’appelle que « l’arbre de Michel » . C’est en effet son frère Michel, prématurément décédé, qui lui avait donné une jeune pousse de cet arbre découvert dans une propriété des Bouches-du Rhône.

Même si ce petit arbre n’est pas très rare en France , on ne peut pas dire qu’il soit fréquemment planté. Notre auditeur a poussé la porte de plusieurs jardineries et pépinières sans qu’on puisse le renseigner à son sujet , ni même lui donner le nom qu’il cherchait. Pourtant, à l’heure des jardins minuscules , un petit arbre rustique sans souci, florifère en arrière saison (de la fin de l’été à la fin de l’automne) au feuillage odorant et aux fleurs -surtout- parfumées, suivies de petits fruits très décoratifs, çà devrait plaire! Bien sûr, Il ne faudrait pas en voir partout, comme aujourd’hui nos mûriers dit « platanes », malades ou sur le point de l’être, du traitement qu’on leur a imposé.

Le commerce nous dira avec raison « nous vendons ce qu’on nous demande », c’est la demande qui fait l’offre, alors vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Sur la photo donc le Clerodendron trichotomum, de Jacques, de Mauguio (30)

J’avoue que je me suis retenu de dire à l’antenne que le nom vernaculaire de cet arbre originaire d’Asie  n’était pas seulement  » l’arbre du clergé »  mais encore   » l’arbre de la chance  » (Kléros, en grec classique). Ce don de Michel n’en est pas vraiment le symbole, il faut parfois se contenter du nom botanique, en latin.

Que Jacques, son frère, se souvienne qu’il est également appelé  » l’arbre du destin ».  Ce destin malheureux nous conduit à reconnaitre ce don, cette mémoire d’un cher disparu, qui se perpétue dans le jardin familial . Oui, Jacques, et toute votre famille, continuez à l’appeler  » l’arbre de Michel. Il ne peut pas porter de nom plus juste et plus fort, fut-il « savant » ! 

N’en rêvez plus, elles vous attendent à Vergèze (30)

L’un des premiers grands rendez-vous de l’année pour les orchidophiles

Cette 16ème édition du Salon International de Vergèze montre son importance grandissante et son originalité bien marquée. Cette année, les orchidées d’origine africaine seront à l’honneur avec la conférence du dimanche après-midi à 16h30.  Mais nos orchidées indigènes des grands causses et des garrigues profiteront d’un nouvel éclairage, avec la conférence du samedi à 16h30.

L’intérêt du grand public pour les Phalaenopsis sera toujours très satisfait, ce sont un peu les reines du salon depuis la création, et Bernard Lagrelle ( qui fut l’assistant puis le bras droit de Michel Vacherot, grand spécialiste du genre, aujourd’hui disparu)  présentera les dernières données leur sujet, les tendances, et bien sûr répondra à vos questions. Dimanche 11h et 14h30.

Les Dendrobiums aussi se démocratisent, ils font même leur apparition en grandes surfaces …alimentaires ( ? ! ) Pourquoi, comment, comment les cultiver à la maison et les voir refleurir,  conférence le samedi à 14h30.

Faut-il le rappeler ?   Cette manifestation propose des ateliers pour les débutants, comme pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent en savoir plus ! Ateliers de rempotage, conseils de culture, c’est l’endroit idéal pour rencontrer des spécialistes à votre écoute, jamais avares d’explications, et qui prennent le temps. Pour vous.

Tous les détails sont sur l’affiche !

 

Prendre soin d’un oiseau blessé..?

L’accident est navrant,  bien connu , de plus en plus fréquent.* Notre engouement pour les larges baies vitrées dans l’architecture fait que de plus en plus souvent des oiseaux s’assomment  contre le verre. Si vous entendez le choc, l’oiseau peut souvent être sauvé.

1 –  Il faut d’abord aller au plus vite vers lui pour le soustraire à la convoitise toute naturelle du chat.

2 – il faut le ramasser avec précaution ( il arrive qu’un étourdissement soit de très courte durée. Si on ne s’y attend pas, vous risquez de le blesser en essayant de le retenir, alors qu’il est encore sous le choc) Pour celà, il existe une bonne méthode, de sécurité, pour le prendre dans la main.

Démonstration avec un oiseau en bois!

La tête est maintenue entre l’index et le majeur. Le pouce et l’annulaire maintiennent les ailes. Cette technique permet de l’immobiliser en toute sécurité pour l’examiner. Il faut éviter, bien sûr, de serrer la cage thoracique. Délicatesse et fermeté.

2 – Passons au déchoquage. En apparence, cette boule de plumes, inerte, parait avoir perdu la vie. Il n’en est souvent rien, dans la majorité des cas l’oiseau n’est qu’assommé. Il doit être déchoqué.

La première erreur à éviter est de tenter de le « réveiller ». Combien de petits oiseaux auraient pu être sauvés si on n’avait pas tenté de lui glisser de l’eau, ou du lait, ou encore de l’alcool ( ! ) dans le bec. A oublier !

La seconde erreur est de le mettre dans une cage ou un grand carton. Au sortir de son traumatisme, il doit toujours être immobilisé, et dans l’obscurité.

Comment faire? Le plus simple et le plus efficace est de posséder un sac de tissus sombre et de texture douce, fermé par un cordon coulissant. Ce n’est pas très compliqué à fabriquer soi-même à la maison. Il ne doit être ni trop grand , ni trop large ou profond , rectangulaire. Environ 25 cm de profondeur, 20 cm de largeur.

Vous y placez l’oiseau endormi, vous fermez le cordon, et vous suspendez ce sac dans un endroit calme et tempéré, et même chaud. A ce stade, il faut retenir les curiosités enfantines. Il m’est arrivé de déchoquer des oiseaux dans une couverture ou une serviette éponge, et, pour le dernier en date (un Merle femelle) en la maintenant comme indiqué sur la photo sous mon aisselle, à l’abri de mon pull-over !

Quelques minutes plus tard ( entre 5 et 15 minutes) notre accidenté doit avoir retrouvé ses esprits. Ouvrez précautionneusement le sac, et tendez votre main vers le fond, toujours paume ouverte vers le bas. Dans l’obscurité du sac et grâce à la chaleur l’oiseau est calme, il ne se débat pas. Il va bouger un peu au contact de votre main, reprenez-le comme indiqué. Ramenez-le doucement à la lumière du jour. S’il vous parait en forme, montrez-le aux enfants, prenez une photo, et relâchez-le dans le jardin !

  • A noter , il existe des silhouettes d’oiseaux à poser sur les vitres, à la manière des magnets. Pas de colle, pas de dégradation de la surface, mais elles signalent la présence du « mur  » . Voir sur les sites des associations de protection de la nature et des oiseaux. mais également en jardineries et boutiques spécialisées.

Nourrissage hivernal : l’énigme de l’hiver en cours

Le tarin des aulnes, un visiteur irrégulier des nourrissages, plutôt en fin d’hiver.

Enigme, oui, pour l’instant. Pourquoi? Ici et là, dans de nombreux endroits de France , les oiseaux ne sont pas au rendez-vous habituel des nourrissages. Pour l’heure, il n’y a pas d’explication. Ce sera à vous de dénombrer – si possible en les identifiant simplement – les oiseaux présents sur votre point de nourrissage les 28 et 29 janvier prochain.

C’est une initiative de la L.P.O , la Ligue de Protection des Oiseaux , dont les spécialistes analyseront les résultats que vous aurez transmis.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la L.P.O, www.lpo.fr ( à découvrir!) ou directement sur « www.oiseauxdesjardins.fr »

Merci à Mélissa, de la lpo42 pour la précision, et à Mymy12 pour ses observations au pays des tripous enchantés.. .

2017. Une année nouvelle. Pour le jardin aussi?

La Rose de Noël survit à l’ambiance de la fête à la maison. Replantez-là au jardin!

Pour le jardin aussi, oui, mais rien n’est sûr. Car l’idée même du jardin n’est pas la même selon les heureux propriétaires d’un petit bout d’espace sur la planète. Il y a des facteurs tangibles, en particulier ceux qui montrent  – par exemple – que les pesticides sont interdits depuis le 1er janvier sur le domaine public. Mais bien sûr il y a des dérogations. Qui seront mal utilisées. Le nombre de municipalités et de collectivités qui montrent le bon exemple est encore bien minoritaire. Pourtant certaines municipalités n’ont pas attendu la loi pour changer les pratiques, mais il faut énormément de courage aux élus qui doivent afffronter des critiques incessantes.

Quand aux particuliers et à l’agriculture conventionnelle, ils font le gros des achats de produits phytosanitaires, et permettent ainsi à la France de battre le record d’Europe de l’usage de pesticides.

Disons le encore et toujours : on ne remplacera pas les produits chimiques toxiques par des produits innocents ou « peu préoccupants ».  Le savon noir n’est pas méchant pour nous, mais sur des oeufs ou des larves d’insectes très utiles (Chrysope, Coccinelle, Syrphes etc…) il tue avec la même efficacité.

Nos ancêtres n’ont jamais vécu en harmonie avec la nature, jamais « naturellement ». Mais pour abandonner cette lutte molléculaire qui hypothèque la santé de nos générations futures sur la planète, il faudra changer nos habitudes, nos comportements, notre façon de voir et de gérer notre environnement. Ce qui passera par la prise en compte globale de nombreux facteurs environnementaux. Depuis la nature des sols jusqu’aux microclimats, depuis les affectations de ces sols jusqu’aux choix de culture, tout devra être écrit à toutes les échelles – par  vocations,  et inscrit dans une idée d’évolution. On ne dessinera plus des jardins comme s’il s’agissait d’un décor figé pour une grande occasion , on ne construira plus de grandes surfaces sur de bonnes terres agricoles profondes. Quelques années plus tard, le survol de certaines zones les montrent déjà trouées par les friches « commerciales , artisanales et industrielles »…

Sur bien des points, j’espère que 2017 nous donnera l’occasion (en particulier par vos questions )  de parler d’actualité comme d’avenir, sans jamais perdre de vue que nos jardins –  minuscules ou majuscules – ne sont que des petits morceaux d’écorce terrestre. Sur lesquels nous devons vivre. Et ce n’est pas mince, non ?