Nourrissage hivernal…

Durant l’hiver, toutes les espèces d’oiseaux ne sont pas migratrices. Toutes ne vont pas trouver leur nourriture sous d’autres cieux, plus au sud . Certaines comme le moineau domestique ou les mésanges charbonnières sont sédentaires. Elles se débrouillent en ne s’écartant pas – ou très peu – des endroits qu’ils fréquentent toute l’année. D’autres espèces deviennent erratiques, et leurs déplacements et recherches alimentaires sont étroitement fonction de l’intensité du froid et des alternances entre les périodes de redoux et les descentes d’air froid, mais surtout de la présence ou non de la neige.

Si vous décidez d’installer un point de nourrissage pour nos petits visiteurs d’hiver sachez que vous devrez le ravitailler jusqu’à la fin des risques de disette, jusqu’au 15 mars environ au sud de la France et jusqu’au 15 avril au nord. Ce sont des dates moyennes, bien sûr, car il faut tenir compte -par exemple- de l’éloignement par rapport aux côtes, la mer étant un puissant facteur de modération des températures. Mais autant nourrir trop tôt en début d’hiver est inutile, autant nourrir tardivement (au delà du mois d’avril) peut être néfaste . Il arrive un moment où les espèces doivent retrouver leur régime habituel.

Dès qu’un point de ravitaillement est ouvert, avec les boules de graisses comme sur la photo ou les graines de tournesol en « libre-service », il ne devrait jamais être abandonné par son propriétaire au risque de mettre en danger les pensionnaires habitués à cette généreuse aubaine. Ce risque est d’autant plus important lorsqu’une vague de froid vif suit de près une dégradation qui laisse de la neige au sol. La situation peut alors devenir meurtrière car les oiseaux reprennent leurs recherches dans des conditions difficiles sans avoir une grande autonomie physique en raison du manque de graisse.

Températures de saison

L ‘Euphorbe de Corse ou Euphorbe à feuilles de myrte (Euphorbia myrsinites ) parait s’étaler encore plus qu’à l’ordinaire par temps froid. Photo prise hier par -4°5.

Pourtant cette belle succulente n’est pas frileuse et pourrait affronter des froids bien plus vifs. Le froid est d’autant mieux supporté que le sol est sec. Au printemps sa floraison en vert chlore et vert acidulé sur son feuillage très graphique attire le regard ( retrouvez dans ce blog une image de cette même plante en fleurs !) et en été elle reste des plus sobres. L’eau d’un orage sporadique lui suffira amplement, mais elle survivra à une longue sécheresse. L’exemple même d’une plante bien adaptée au climat méditerranéen, parfois excessif !

Comme promis !

Privé d’échanges radiophoniques depuis le mois de septembre, la voix des auditrices et des auditeurs me manque comme leurs questions, leurs témoignages, ces échanges d’émerveillements, de doutes, d’hésitations, de petites et grandes joies. Le tout non pas dans un esprit d’expertise académique, mais avec l’amour de la nature pour seul principe. Quand on a la chance de posséder ou d’avoir à sa disposition un petit bout de la surface de la planète, c’est à la fois une aubaine et une responsabilité. Le jardin ne s’arrête pas à la limite de la propriété, il est inscrit dans un ensemble plus vaste. Il peut être de dimensions modestes ou plus vastes, planté ou non d’arbres déjà anciens, de vestiges végétaux du passé, de vivaces et d’arbustes plus récents. Mais l’amour du monde végétal vit aussi dans et sur le bâti avec les cultures suspendues en terrasses, peuplant les balcons pour saluer les passants. L’usage du verre dans l’architecture favorise le développement des plantes tropicales mais le goût de notre époque pour les piscines appauvrit paradoxallement la diversité végétale.

Partageons ensemble ici notre passion d’un jardin le plus naturel possible. A la fois les idées, les questions, les observations, les surprises bonnes ou moins agréables , comme nous l’avons fait avec tant de bonheur depuis 1985 successivement sur France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu Hérault, France Info. J’ai hâte de renouer avec vous !

Une luxuriante association de Romneya coulterii après la floraison, avec Phlomis, gaillardes, lauriers-roses et Rosa ‘Rush ». Image de début d’été. Par une météo plus chaude que celle du jour !

Joelavril.fr, le retour !

Pendant de nombreux mois – près de 4 ans m’a-t-on dit – je ne suis entré chez moi, dans ce blog, que pour répondre à quelques questions, ou apporter des précisions. En effet, comme je le pressentais un peu, entre le four et le moulin j’ai dû choisir de me consacrer à la seule dimension radiophonique de ma passion pour le végétal et la nature en général, à l’écoute des questions des auditrices et auditeurs.

Actuellement libre de mes engagements, le réveil de ce blog aura lieu dans les premiers jours de la nouvelle année 2021. Réveil durable cette fois et autant que possible. Peu habile avec l’écriture électronique mais avec votre aide et votre indulgence, nous porterons ensemble de nouveaux regards émerveillés sur le monde vivant de nos jardins et au-delà…

A très bientôt donc !

On en a parlé à la radio! Dimanche 11 février 2018 sur France Bleu Hérault….

Pour la réouverture 2018 du blog des jardins qui vivent… la question posée ce jour-là par « Françoise » a retenu l’attention:  elle se demande quelles plantes installer le long d’une clôture en PVC plein. Un matériau particulièrement inhospitalier pour le monde végétal et visuellement repoussant pour le copropriétaire nouvellement acquéreur dans un lotissement « du midi ». Ajoutez à celà un sol exagérément bétonné où les concepteurs n’ont laissé que d’étroites bandes de mauvaise terre d’aspect maigre pour le « jardinage ».

Françoise a laissé un alignement de vieux rosiers sous cette palissade artificielle. Il faut laisser et même restaurer ce mobilier ancien mais qui a survécu! Et le compléter donc par des grimpantes qui se comporteront non seulement comme un cache-misère ( a ce prix là , c’est ahurissant !)  mais qui animeront cette clôture tout au long de l’année. Deux erreurs à éviter -1 ne planter qu’une seule espèce et variété de plante, il en faut plusieurs, et -2 trop serrer les plants. Pas plus d’un pied pour 2m à 2m50.

Si l’espace est suffisant il vaudra mieux compléter sur le devant ou dans les intervalles par des vivaces qui profitent bien aux rosiers. Exemples: des nepetas, des lavandes, des géraniums vivaces, des bulbes d’automne, d’hiver et de printemps.

Françoise devra faire poser un treillage devant les panneaux de PVC, de manière à fournir un support aux grimpantes, mais aussi à les éloigner de 2 ou 3cm du panneau occultant. L’air doit circuler pour éviter la chaleur trop forte et l’effet de réverbération.

Ensuite elle pourra planter – compte tenu de l’exposition de cette clôture – du Trachelospermum (Jasmin étoilé) – du Lierre ( variété « Glacier » ou « Golden Esther ») à petit développement 2 à 3m – un ou 2 rosiers grimpants à fleurs en bouquets- une Clematite armandii ( parfumée!) et une Clematite cirreuse à floraison hivernale – un Mandevilla laxa (jasmin du Chili) c’est un « ancêtre » du Dipladénia. Il meurt pendant l’hiver et renait exhubérant au printemps. Et pourquoi pas un « Wattakaka »  pour faire rire les petits enfants. Ce Dregea très florifère et peu exigeant se comporte tellement bien dans ces missions ingrates! Il y a aussi des chèvrefeuilles et des bignones ou apparentées comme « capreolata » à l’arôme de café….

Un « hortensia grimpant », le Schizophragma habille bien à l’ombre et dans un sol acide à neutre.

Clématite cireuse. Elle fleurir l’hiver dans un fin feuillage d’aspect gracile et frisé.

Le jasmin étoilé, exhubérant et très parfumé embellit même la rue…

La preuve par le sec !

Pour vivre harmonieusement votre rapport au jardin, celles et ceux qui suivent tant bien que mal ce blog dilettante réalisent que ce que certains nomment encore « les doigts verts » n’est en réalité que le sens de l’observation.

Pour inaugurer la catégorie Observations voici une image qui montre deux hortensias deshydratés à côté d’un sarcococca bien vert, sur un paillage naturel d’aiguilles de pin parasol. Au passage, notez qu’iI suffit de laisser au sol celles qui tombent de l’arbre au pied duquel ces végétaux sont plantés !

La preuve….

 

L’observation principale n’est pas là, mais bien dans la résistance à la sécheresse. Le tableau est édifiant. Après plusieurs mois de sécheresse, alors que ces hortensias et ce sarcocca n’ont été que peu arrosés mais de la même manière et avec les mêmes quantité d’eau, le constat est facile : le Sarcococca ruscifolia ne montre pas de signe de souffrance, de stress. Ce genre Sarcococca appartient à la famille des buis (Buxus) mais ne rencontre pas les mêmes difficultés avec les parasites et les champignons. Il existe qu’autres variétés qui partagent à peu près les mêmes exigences que ce « ruscifolia- à feuille de Ruscus » . Ils ne détestent pas l’ombre et les aiguilles des conifère. Les fleurs sont très petites mais très odorantes…en plein hiver, elles sont suivies de fruits en boules rouges comme ceux du houx.  Comment expliquer que les sarcoccas soient si peu connus, et donc si peu demandés aux pépiniéristes, jardineries, et paysagistes? N’oubliez jamais que c’est la demande qui fait l’offre,  pensez-y!

Tour de jardin à la fin septembre…

 

Ravissement simple et très peu coûteux, 3 ans après la plantation.

Pour la météorologie , les saisons ne commencent plus à la date indiquée sur votre calendrier, mais au premier jour du mois qui la précède. Ainsi, l’automne a débuté le 1er septembre.

Après un mois de sécheresse absolue ou peu s’en faut, voici l’image d’un massif exposé au nord-ouest .

De gauche à droite et de haut en bas : inflorescences fanées des hortensias, fructifications des nandinas, asters, anémones du Japon rose et blanche. Ce massif a pu bénéficier de quelques arrosages en cours d’été et ce mois-ci. Les hyménoptères pollinisateurs et/ou parasitoïdes sont très actifs et profitent de cette variété florale.

Allons voir le feijoa sellowiana :

Ce n’est pas un olivier! Observez les vestiges de la fleur fécondée.

Ses fleurs sont très ornementales, et la mode voudrait que nous les mangions !. Elles seraient délicieuses. Je préfère pour ma part (et pour mes pots de confiture, vides) attendre la maturité des fruits. Ces « goyaves du Brésil », ou « de Montevideo » seront mûres dans quelques semaines. Pour l’heure, elle ne font que quelques cm ( d’un à cinq cm) , début novembre elles auront triplé ou quadruplé, pour devenir pour certaines plus grosses que les kiwis les plus volumineux.

Le fruit mûr est savoureux mais sa compote et sa confiture sont une surprise gustative, à base de suavité et de doux parfums, sans outrances exotiques. Voyez- le de plus près, et recherchez dans ce même blog une page ancienne consacrée à sa joyeuse floraison.

Encore quelques semaines de patience…

 

 

 

Atomes crochus…

L’anémone du Japon n’a rien d’une méditerranéenne grand teint….

Alors que sévit une implacable sécheresse assortie de températures « supérieures aux normales saisonnières » …devinez où l’Anémone du Japon peut-elle bien prospérer dans sa beauté si simple?

Au coeur d’un bon copain!

Et l’ami de notre anémone n’est qu’un rosier botanique originaire d’Asie ( comme elle) , un buisson très épineux, mais irremplaçable dans nos jardins : Rosa chinensis !

Ils s’aiment et se marient.

Ces associations sont passionnantes à étudier. Ici le rosier apporte à l’anémone ombre et support naturel . Sans ce dernier les rafales de vent couchent  ou bien cassent  les hampes florales. Qu’apporte l’anémone?  Vous avez une idée…?

Amaryllis belladonna, le retour !

Toujours fidèle au rendez-vous de la fin de l’été , il suffit d’une averse, d’un orage pour la réveiller. L’amaryllis  surgit du sol, hampe florale à tête de cobra, alors que les feuilles sont encore bien loin. Son cousin l’Hippeastrum (que vous connaissez mieux  sous le nom commercial  d’ amaryllis »…) fait de même hors de son gros bulbe, préparé pour être vendu à la fin de l’année.

Hors du sol sec, les futures fleurs de l’Amaryllis belladonna.

Sur cette photo les 3 premières hampes florales. Quelques jours plus tard il y en aura 5 ou 6. L’une d’elle a toujours un peu d’avance sur ses « soeurs ».

La première, photographiée le 18 août dernier. A l’heure de la réouverture de ce blog elle est en fleurs.

Une fois planté dans le sol, les bulbes ne recoivent plus aucun soin. La seule précaution à prendre : n’oubliez pas l’endroit précis où vous les avez plantés ! Car si le feuillage se développe au printemps, durant tout l’été vous ne voyez rien.

Dès que les fleurs s’ouvrent je ne peux que vous inciter à vous rapprocher d’elles, toutes narines bien ouvertes. Aussi vrai que leur couleur rose à un éclat de fantaisie pure , le parfum ne l’est pas moins. Singulier, délicieux, fruité, une fragrance inconnue sous nos climats.

Dans quelques jours les hampes ci-dessus ressembleront à celles là!

ATTENTION , l’Amaryllis belladonna n’est pas le seul à rentrer…. Dimanche 10 septembre prochain à partir de 9h*, au micro de Guy Pierson  je répondrai à nouveau aux questions que vous vous posez dans votre jardin. Préparez aussi vos beaux témoignages, vos joies nous font toujours le plus vif plaisir.

* Sur toutes les fréquences de France Bleu Hérault, et en direct également sur son site web .