Merci Michel

Toujours branchée sur la radio, notre fille aînée vient de m’annoncer ton départ. Nous ne nous sommes pas souvent rencontrés, mais nous avions pourtant au moins autant d’atomes crochus que la bardane a d’hameçons sous ses fleurs.

En 1980,tu avais lu un article que je venais de signer dans « Les Quatre Saisons du Jardinage », et mon expérience de semis à partir d’un Erable de Montpellier situé à 700 m en Vivarais Ardéchois, t’avait bien intrigué. Tu voulais « en savoir plus ». Ah, cette curiosité qui fout le camps aujourd’hui…

Puis je t’ai envoyé « Chlorophylle et p’tits oignons », le livre écrit avec les recettes de cuisine des auditeurs de « Radio France Drôme » aujourd’hui « France Bleu Drôme-Ardèche » .
Je t’avais confié l’idée d’un projet de livre que j’aurais titré « Auprès de mon arbre » en référence à notre cher Tonton Georges, et j’ai eu de plus en plus de travail pour cette antenne où je débutais dans un nouveau métier, celui d’animateur, et accessoirement de chroniqueur.

Le projet a dormi au fond de son tiroir, et un jour le téléphone a sonné. Tu m’appelais pour me demander si j’avais avancé « Auprès de mon arbre ». Non, déjà je n’avais pas eu le temps.

Là, tu m’expliques que tu viens de signer pour une chronique à France Info, que tu dois lui donner un titre , et que tu aimerais bien l’appeler « Auprès de mon arbre ».
Et je t’ai répondu bien sûr que ce titre ne m’appartenait pas , que Tonton Georges ne nous en voudrait peut-être pas de ce glissement d’un projet de livre en pâte à papier riche en arbres, vers une chronique d’informations riche en chlorophylle..hertzienne.
Et ta chronique sur France Info s’est appelée « Auprès de mon arbre ». Je n’ai jamais oublié cette élégante éthique professionnelle, mais avant tout humaine. Quel gentleman (gentilhomme), Michel !

Lorsque tu as été méchamment éprouvé, forcé de lever le pied, tu as pensé à moi. Terrorisé, je t’ai remplacé plusieurs fois sur France Inter, puis à l’heure où tu décidais de prendre du recul, sur France Info, en binôme avec Claude Bureaux.
Je te dois beaucoup, beaucoup, Cher Michel. Je te suis infiniment reconnaissant.
Tu m’as porté une estime forte et encourageante. Un grand frère, dans ce bizarre métier de la communication du jardinage, tu as été déterminant. Tu m’as rassuré.

Mais d’abord journaliste et fier de l’être, tu dois trouver là que « je fais trop long ».

Oui! Et j’aimerais encore trouver des mots pour Marlène, pour vos enfants.Je pense très fort à elle, à eux. Notre grande fille sait cet étrange attachement de gens qui se promettent toujours de se rencontrer, sans pouvoir se retrouver…
Vous n’aurez pas eu le temps de prendre le chemin qui va de Saintonge en Cévennes, où – est-ce un signe – le plus bel arbre du jardin meurt d’un mal inexplicable, en ce moment même.

Quelle tristesse, Michel Lis. Il ne nous reste plus qu’à nous donner rendez-vous. Au Jardin.

Joël Avril.

2 réflexions au sujet de « Merci Michel »

  1. Je découvre seulement maintenant ce bel hommage. Ce qui a été le plus triste pour moi, c’est qu’il n’y avait personne du métier aux obsèques. 6. nous n’étions que 6….Personne de France 2, personne de la radio….Dur dur….

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