Le voir pour le croire…

ElagageCe n’est qu’un exemple, hélas, d’une conduite encore beaucoup trop fréquente envers les arbres publics ou privés. Alors qu’il existe des formations de plus en plus techniques au métier d’élagueur, en particulier dans le domaine de la biologie et de la physiologie des arbres*, nous ne devrions plus voir d’étêtage préjudiciable. Il faut se poser des questions : les riverains ont-ils majoritairement, et en toute méconnaissance, commandé cette opération ? L’entreprise d’élagage a-t-elle accepté de la conduire sans les informer des inconvénients graves de cette radicalité ? La photo 2 montre la réaction des arbres, qui émettent de très grands nombres de brins à partir d’yeux dormants. Les arbres réagissent dans l’urgence en puisant dans leurs réserves, pour tenter de reconstituer leur surface foliaire. Les sujets ainsi traités, privés de leur houppier, deviennent plus ou moins rapidement malades, fragilisés par des atteintes fongiques et/ou parasitaires parfois invisibles et finalement…  dangereux. Bien plus dangereux que le port qu’ils avaient auparavant, une architecture dessinée par leurs propres gênes et l’élan d’avenir apporté par l’œil et la main d’un pépiniériste bien formé, lui aussi, dans les 2 ou 3 premières années de la vie de l’arbre. Les riverains doivent le savoir, comme tous les propriétaires d’arbres tentés par ce genre de saccage aussi inesthétique que potentiellement grave pour les résidents ou les passants.

Réaction de l'arbre après un élagage traumatisant

Réaction de l’arbre après l’élagage traumatisant.

* La connaissance du « fonctionnement » des végétaux, des arbres en particulier, progresse d’année en année. On est encore loin de tout comprendre, mais nous devons une bonne partie de cette évolution du savoir à « l’école de Montpellier » : son Université des Sciences et Techniques, à son Institut de Botanique. Chercheurs et enseignants dans le sillage du Prof. F. Hallé, l’inventeur du radeau des cimes. Il fait aimer ces inconnus que sont encore les arbres, il aide à apaiser la peur qu’un trop grand nombre de contemporains éprouvent toujours près d’eux…

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