La HAIE : toujours du cas par cas !

Un modèle (entre autres) intégré à ce jardin du midi.

Il y aura bientôt 40 ans, un ingénieur agronome angevin, enseignant et auteur d’ouvrages pour l’ enseignement agricole, Dominique Soltner ouvrait un débat passionnant. Ce débat trop souvent biaisé manque toujours de conclusion aujourd’hui. Il faut dire que les premiers ouvrages de Dominique Soltner à destination du grand public sont arrivés en plein âge d’or d’un remembrement  qui vit la destruction d’une grande partie du boccage de l’ouest de notre pays (avec les conséquences funestes que l’on sait maintenant), et ses prises de position, courageuses, pionnières, clairvoyantes ne sont toujours pas reconnues par une partie des professionnels de l’agriculture et au delà, de l’aménagement du territoire.

Dominique Soltner était en avance , très en avance, et sa rencontre a été déterminante pour moi, comme celle à l’époque de l’Institut du Développement Forestier ( IdF). L’adhésion à son enseignement, et les observations de suivi de chantiers sur 3 décennies m’ont fait comprendre que quelques m2 de jardin pouvaient atténuer les méfaits de la désastreuse occupation des sols que nous connaissons en France. A condition de réhabiliter, de recréer ou d’inventer un nombre suffisant de mètres linéaires de haies mixtes, composées de plusieurs espèces d’arbustes, en oubliant ce qu’il nommait le « béton vert« . Autrement dit : les haies monospécifiques qui rajoutent des murs aux murs, alignements si fragiles et si stériles, si pauvres de vie. Il s’en plante encore des kilomètres aujourd’hui en France chaque année.

Mais au delà du mitage hideux,toujours comme improvisé, d’une urbanisation sans intelligence avec la nature et avec l’espace agricole, les haies que l’on appelle aujourd’hui maladroitement « champêtres » apparaissent comme des éléments déterminants pour la prévention-santé des jardins. Elles sont facteurs d’équilibre pour l’alimentation des sols en eau et la restauration organique des sols en milieu bien trop imperméabilisé, elles sont les seules à offrir accueil et protection à de nombreuses espèces d’insectes, d’arachnides et d’oiseaux qui sont nos auxiliaires, et qui rendent inutiles voire malheureux les pesticides bio et autres « recettes maison ». Oui même ceux là. Souvent évoquée à l’antenne : l’eau savonneuse alcoolisée détruit les larves de chrysope et de coccinelle comme celles des pucerons!  Quand aux autres « produits »:  vite , accélerez les interdictions, retirez-les de la vente, et harmonisez les législations des pays d’Europe pour éviter les importations frontalières de molécules sagement interdites chez nous.

….   La suite ? Au prochain numéro, avec un exemple de conception en temps réel ou presque!

 

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