Un cadeau pour jardinières et jardiniers curieux.

Certes, il est peut-être possible de jardiner et même d’aimer son jardin sans jamais se poser de questions sur les plantes qui le composent? Je veux dire des questions de curieuses et de curieux sur les origines de ces plantes, leur histoire, les usages pratiques, traditionnels, rituels et / ou officinaux à travers les cultures dans le monde.

Un cadeau pour curieux

Un cadeau pour gens curieux

Les conseils pratiques ne sont pas oubliés, ni les petites légendes populaires et autres historiettes rurales sur les amours. Surtout d’autrefois.

Ce Grand Atlas (sans les cartes géographiques…) est un beau cadeau plein de savoirs, abordable : 30€. Aux Editions Glénat Atlas. Au prix où est la terre !

 

Nous allons en parler demain matin 1er novembre 2016, à la radio !

Si les Chrysanthèmes sont les fleurs de la période ( fleurs d’ailleurs encore assez méconnues du grand public malgré leur banalité ponctuelle) beaucoup d’autres plantes débutent leur floraison ! Et ce ne sont pas du tout des végétaux difficiles à cultiver, et ils ne sont pas réservés aux zones littorales. Seuls les secteurs de montagne et les vallées de l’est de la France  leur sont moins recommandés.

Voici d’abord un camélia d’automne, Camellia sasanqua, une variété de ce genre encore trop peu cultivé. Simple et  légèrement parfumé :

En voici un, il y en a d'autres, parfois parfumés, toujours simples...

En voici un, il y en a d’autres, parfois parfumés, toujours simples…

 

Ensuite la clématite cireuse , Clematis cirrhosa, contre un mur mal exposé. Sa bouture est très facile à réussir!

La plante n'a qu'un aspect de fragilité. Elle est très endurante. Actuellement couverte de clochette de soie comme fripée ...

La plante n’a qu’un aspect de fragilité. Elle est très endurante. Actuellement couverte de clochette de soie comme fripée …

Enfin , le mois de novembre marque aussi le début de la floraison de l’iris d’Alger, Iris unguicularis. Grandes fleurs parfois parfumées dans un feuillage fin, rubannée..Les redoux de l’hiver favorisent les sorties de nouvelles fleurs, les coups de gel les freinent un peu.

Un miracle d'hiver, loin de nos grands iris des jardins (germanica).

Un miracle d’hiver, loin de nos grands iris des jardins (germanica).

A demain matin 8h50, sur France Bleu Hérault , nombreuses fréquences à retrouver sur le site de France Bleu.fr, ou par le direct , de partout , sur ce même site.

Vos questions au 04 67 58 60 00. Avec vos photos sans oublier vos coordonnées téléphoniques à joel.avril@radiofrance.com

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Le Prix Saint-Fiacre 2016 a été décerné !

couv_dialogues_okCette année, les journalistes et chroniqueurs de la presse du jardin et de l’horticulture (A.J.J.H) sont tombés sous le charme d’un recueil de fables poétiques orientales . Oubliés les guides savants, les ouvrages trapus et richement illustrés ou les prospectives paysagistes, ce petit livre est tout en délicatesse poétique, malicieuse, originale. Il faut reconnaitre un génie majuscule aux Editions PETIT GENIE. Quelle bonne idée ! Ces textes anciens et même très anciens pour certains sont inédits. Ils reflètent une tradition méconnue en occident , celle qui consistait à écouter ce que disaient les végétaux . Plus tard, le fabuliste grec et Lafontaine après lui, feront parler les animaux pour délivrer morales et sentences. On a souvent entendu dire que les plantes comprenaient nos propres paroles, et appréciaient (ou non?) la musique. Ici on est simplement invité à écouter ce qu’elles ont à nous dire, ce qu’elles se confient entre elles, ou – plus rarement   – en échange avec les êtres humains (le Laurier avec le garde-champêtre, le cultivateur et la pastèque) .Et comme par magie voici que surgissent bien des aspects actuels de nos rapports conflictuels avec la nature, avec ce que nous cultivons ou prétendons cultiver…En plus de 1000, 2000, 3000 ans , rien n’aurait donc changé?

Ces textes ont été traduits de l’arabe par Mohammed El Faïz, professeur d’histoire économique à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech (Maroc) C’est un spécialiste de l’agronomie et des jardins du monde arabe.  Anne Sorin les a illustrés avec intensité, énergie, et amour..

 

On en a parlé à la radio, dimanche 18 septembre 2016

Caesalpinia gilliesii, la Césalpinie de Gillies.

Caesalpinia gilliesii, la Césalpinie de Gillies ( Photo  M.C)

La Césalpinie de Gillies  ( Caesalpinia gilliesii ) était appelée autrefois Poinciana et vulgairement  » oiseau de paradis » ce qui est source de confusion avec le très populaire Strelitzia, la Strélitzie de la reine, également nommée « oiseau de paradis ».

La vue de cet arbuste a étonné Marie Christine, qui s’est empressée de m’envoyer une photo à France Bleu Hérault ( joel.avril @ radiofrance com ) pour m’en demander le nom.

Le Caesalpinia est une belle sud américaine , cousine du flamboyant, qui apprécie la vie dans nos jardins du sud et de l’ouest, à la condition que les sols soient bien drainés (surtout en hiver!) humifères, toujours un peu frais. Acides ou calcaires, peu importe s’ils sont riches et légers. Attention, cet arbuste appartient à la famille des fabacées (les légumineuses autrefois) vous n’avez donc pas à leur apporter d’engrais qui seraient riche en azote (N). Cette famille se sert elle-même dans l’atmosphère. A l’automne, un apport organique suffit : fumier de ferme bien composté, ou engrais organique + feuilles mortes, débris végétaux.

En cas d’annonce de froid avec des températures inférieures à – 5, -8 protégez-le, surtout les 2 premières années après la plantation.

Le seigneur des cailloux

Le pavot de Californie. Soie froissée, gel irisé pour conditions arides...

Le pavot de Californie. Soie froissée, gel irisé pour conditions arides…

Avec plus d’un mètre,  jusqu’à 1m50 et plus,  ce grand  pavot vivace est originaire des collines pierreuses du sud californien épisodiquement arrosées par la pluie des zones subdésertiques, ce champion de sobriété doit être planté dans un trou rempli de cailloux et de quelques poignées de matières organiques…Et c’est tout.

A l’approche de l’hiver, il suffit de couper toutes les tiges à quelques cm du sol et de couvrir la souche de feuilles mortes en couche épaisse..Au printemps, dès les derniers risques de gel,  dégagez rapidement le pied, de manière à ce que l’humidité ne stagne pas.

Si vous avez des questions au sujet de cette plante encore bien méconnue, Romneya coulterii ou pavot en arbre, ou pavot de Californie,

L'aubaine du pollen est de courte durée, il faut arriver vite...

L’aubaine du pollen est de courte durée, il faut arriver vite…

, n’oubliez pas qu’elles sont reçues avec plaisir !

La saison était en avance, dit-on ?

Toujours fascinant, le Rosier Banks....

Toujours fascinant, le Rosier Banks….

Le rosier de Banks, ou « de Lady Banks » est toujours le premier à fleurir dans notre sud de la France. Beaucoup de visiteurs qui ne le connaissent pas se demandent bien quelle est cette liane extraordinaire , toute en longues guirlandes généreuseemnt chargées de pompons parfumés. Sur le photo, la variété blanche, « alba plena » à fleurs doubles, diffuse à plusieurs mètres de délicieuses fragrances acidulées sur fond de pâtisserie crémeuse.

Pas d’épine ( ou très rarement, explications sur demande), pas de parasites, pas de maladie ( un peu d’oïdium parfois pour blanchir les feuilles après la pluie)  pas de tailles systématiques, mais une seule floraison. Massive. Impressionnante.

Attention, revenons -en au climat ! La photo ci-dessus a été prise le 14 avril 2014.

Cette année, en 2016 donc, nous pourrions prendre la même photo le 14 mai .

La végétation avait beaucoup d’avance au mois de mars. Elle l’a perdue depuis. Quand je vous dis qu’il ne faut jamais se presser au jardin….

Vos photos !

Evelyne, auditrice de France Bleu...

Evelyne, auditrice de France Bleu…

 

Merci Evelyne! Vous aimez les Phalaenopsis , vous ne les jetez pas après leur floraison, et vous observez leur disposition à refleurir. Ce qu’ils vous offrent avec beaucoup de bonne volonté. Les Experts France Bleu y sont-ils pour quelque chose ? Peut-être. Avec le coeur, surtout. Beaucoup de coeur !

 

« Cette photo n’est pas bonne » , m’a écrit Justine depuis l’Ardèche, « mais j’aimerais savoir quelle est cette beauté de la nature? » 

Le cardinal . Sa larve est laide, mais très utile!

Le cardinal . Sa larve n’est pas un grand prix de beauté (selon nos canons) mais elle est très utile!

Le cardinal (pyrochroa coccinea) est un grand coléoptère (15 à 20 mm) élégamment vêtu d’un rouge très chaud. Il se rencontre près des milieux un peu humide, dans la végétation des bords des eaux, comme dans les jardins. Protégez-le en le respectant, et en conservant les conditions de sa survie liées aux vieux arbres et arbustes. Si l’adulte (ici) ne se nourrit que de pollens, les larves (d’un aspect pas très avenant) sont les prédatrices naturelles d’insectes, plus ennuyeux pour l’arboriculteur et le maraicher. Mais à ces auxiliaires il faut conserver des branches mortes, des arbres dépérissants, au tronc abîmé. Les larves du pyrochre ne peuvent pas vivre ailleurs. Les arbres, vieux ou malades, sont aussi des écosystèmes qui participent à la santé de notre environnement !   

Essaimage 2016 des abeilles domestiques , on y est !

Quelques retardataires trainent encore sur la ruchette....

Quelques retardataires trainent encore sur la ruchette….

L'essaim se rassemble dans un jeune cèdre , à 2 m de hauteur (Photo Myriam SBau)

L’essaim se rassemble dans un jeune cèdre , à 2 m de hauteur (Photo Myriam SBau)

Le bruit d’un essaim en vol peut effrayer, l’important est de garder son sang-froid. N’oubliez pas que c’est un phénomène naturel, la colonie d’une ruche se divise, et la moitié de la population émigre autours de sa reine. Les abeilles se sont préparées à cette sortie. Elles ne sont pas agressives, mais il ne faut en aucun cas faire de grands gestes brusques et encore moins – bien évidemment- les asperger d’insecticides, d’eau, voire même du contenu d’extincteurs…

Un essaim a une grande valeur pour les apiculteurs aussi bien professionnels que débutants, et c’est un apiculteur qu’il faut appeler pour récupérer gratuitement un essaim qui se pose chez vous. Et non les sapeurs-pompiers ou les entreprises de désinsectisation !

C’est ce qui s’est passé aujourd’hui chez un voisin. J’ai appelé un premier apiculteur qui était en pleine tranhumance de ruches. Puis un second qui est arrivé très vite et a simplement déposé cette « ruchette »,une boite accueillante.  (Visiblement celle-ci avait auparavant contenu quelques bouteilles de nectar ….) Dans cette « ruchette » il y a de quoi attirer les abeilles : un morceau de cadre, des alvéoles de cire, de la propolis, un peu de miel. Et c’est toutes seules comme des grandes que les abeilles repèrent le « piège », ses entrées, et y pénètrent sagement. Plus ou moins rapidement, soyez patient. Une fois que tout le monde est entré, on ferme, et la boite est emportée vers le rucher où la petite colonie se voit attribuer un logement plus grand pour s’y développer.

Où trouver les coordonnées, le numéro de téléphone d’un apiculteur proche de chez vous? 

Dans les Pages Jaunes. Mais encore:

  • En appelant la Chambre d’Agriculture ou la D.D.A.F de votre département. Vous demandez le numéro de téléphone des apiculteurs les plus proches de chez vous
  • Les groupements apicoles de certains départements publient des listes d’apiculteurs selon les localités. par exemple « abeilles 34 » dans l’hérault.
  • S.O.S Essaim sur le site: abeille.gudule.org

Du bon usage des engrais…

La chute prématurée des boutons chez le caméliaCamellia japonica, C. sasanqua et autres) peut être causée par un apport d’engrais, surtout sur les plantes cultivées en pot. En pleine terre des apports réguliers ( automne et printemps après la floraison) de feuilles mortes mélangées à des aiguilles de conifères, de fumier bien pailleux et parfaitement composté suffit amplement, avec un peu de sang séché ( au printemps seulement). Il convient d’oublier ce catastrophique  » Nourrissez vos plantes «  ! Ce n’est pas à nous de les nourrir directement, comme par des perfusions, mais bien au sol grâce à ses organismes vivants, animaux et champignons. A nous d’aider les sols à reconstituer leurs « réserves » par des apports de cellulose (feuilles, bois broyé, pailles, compost)  d’engrais verts et de fumiers. Ne l’oublions jamais , la clé de la vie

Sans engrais de synthèse, et depuis de nombreuses années

Sans engrais de synthèse, et depuis de nombreuses années

En pot , la situation est différente et mérite une autre attention. Le plus souvent les camélias cultivés en pot le sont dans un mélange dit « de terre de bruyère ».  Comme les substrats vendus sous le nom de « terreaux » et en dépit des sophistications apportées, ces mélanges sont très perméables. Cette perméabilité est un avantage mais elle présente aussi un inconvénient : la plante n’a pas le temps d’absorber suffisamment d’eau. Lorsque cette eau est chargée d’engrais solubles, il rejoint illico les collecteurs ou les nappes souterraines. Le phénomène est d’autant plus rapide et néfaste que le mélange est sec, car si la plante n’a pas le temps de boire et de s’alimenter, l’engrais surdosé brûle les racines au passage. Ce qui peut faire tomber les boutons.  D’où la perplexité des propriétaires qui pensant à une maladie investissent dans quelque pesticide, au hasard, sans diagnostic. Pour les plantes dites « de terre de bruyère » comme pour les autres que nous cultivons souvent en pot, la  satisfaction durable viendra d’abord par des surfaçages réguliers. On enlève une bonne épaisseur de mélange à la surface, et on la remplace par du mélange tout neuf. A faire annuellement à l’automne.  Après la floraison des camélias – et au lendemain d’un arrosage copieux à l’eau de pluie – griffez la surface en incorporant 2 cuillères à soupe de sang séché par arbuste.

L’engrais n’a jamais aidé une plante qui n’est pas cultivée selon ses exigences propres,  qu’il faut connaitre,  ni soigné les maladies ou détruit des parasites. Vouloir lui donner des « vitamines », pour la dopper, pour la booster comme on l’entend dire ( la mode du « coup de fouet »  serait-elle  passée ?)  ne sert à rien. Ou plutôt si. A se soulager soi-même, car nous les aimons!