On en a parlé à la radio dimanche 29 janvier 2017

Le clerodendron trichotomum. Parfois nommé « l’arbre du clergé »  Photo: Jacques de Mauguio.

Jacques (de Mauguio,34) nous a envoyé 3 photos d’un petit arbre planté par ses soins dans son jardin. Il désire en connaitre le nom car il ne  l’appelle que « l’arbre de Michel » . C’est en effet son frère Michel, prématurément décédé, qui lui avait donné une jeune pousse de cet arbre découvert dans une propriété des Bouches-du Rhône.

Même si ce petit arbre n’est pas très rare en France , on ne peut pas dire qu’il soit fréquemment planté. Notre auditeur a poussé la porte de plusieurs jardineries et pépinières sans qu’on puisse le renseigner à son sujet , ni même lui donner le nom qu’il cherchait. Pourtant, à l’heure des jardins minuscules , un petit arbre rustique sans souci, florifère en arrière saison (de la fin de l’été à la fin de l’automne) au feuillage odorant et aux fleurs -surtout- parfumées, suivies de petits fruits très décoratifs, çà devrait plaire! Bien sûr, Il ne faudrait pas en voir partout, comme aujourd’hui nos mûriers dit « platanes », malades ou sur le point de l’être, du traitement qu’on leur a imposé.

Le commerce nous dira avec raison « nous vendons ce qu’on nous demande », c’est la demande qui fait l’offre, alors vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Sur la photo donc le Clerodendron trichotomum, de Jacques, de Mauguio (30)

J’avoue que je me suis retenu de dire à l’antenne que le nom vernaculaire de cet arbre originaire d’Asie  n’était pas seulement  » l’arbre du clergé »  mais encore   » l’arbre de la chance  » (Kléros, en grec classique). Ce don de Michel n’en est pas vraiment le symbole, il faut parfois se contenter du nom botanique, en latin.

Que Jacques, son frère, se souvienne qu’il est également appelé  » l’arbre du destin ».  Ce destin malheureux nous conduit à reconnaitre ce don, cette mémoire d’un cher disparu, qui se perpétue dans le jardin familial . Oui, Jacques, et toute votre famille, continuez à l’appeler  » l’arbre de Michel. Il ne peut pas porter de nom plus juste et plus fort, fut-il « savant » ! 

Prendre soin d’un oiseau blessé..?

L’accident est navrant,  bien connu , de plus en plus fréquent.* Notre engouement pour les larges baies vitrées dans l’architecture fait que de plus en plus souvent des oiseaux s’assomment  contre le verre. Si vous entendez le choc, l’oiseau peut souvent être sauvé.

1 –  Il faut d’abord aller au plus vite vers lui pour le soustraire à la convoitise toute naturelle du chat.

2 – il faut le ramasser avec précaution ( il arrive qu’un étourdissement soit de très courte durée. Si on ne s’y attend pas, vous risquez de le blesser en essayant de le retenir, alors qu’il est encore sous le choc) Pour celà, il existe une bonne méthode, de sécurité, pour le prendre dans la main.

Démonstration avec un oiseau en bois!

La tête est maintenue entre l’index et le majeur. Le pouce et l’annulaire maintiennent les ailes. Cette technique permet de l’immobiliser en toute sécurité pour l’examiner. Il faut éviter, bien sûr, de serrer la cage thoracique. Délicatesse et fermeté.

2 – Passons au déchoquage. En apparence, cette boule de plumes, inerte, parait avoir perdu la vie. Il n’en est souvent rien, dans la majorité des cas l’oiseau n’est qu’assommé. Il doit être déchoqué.

La première erreur à éviter est de tenter de le « réveiller ». Combien de petits oiseaux auraient pu être sauvés si on n’avait pas tenté de lui glisser de l’eau, ou du lait, ou encore de l’alcool ( ! ) dans le bec. A oublier !

La seconde erreur est de le mettre dans une cage ou un grand carton. Au sortir de son traumatisme, il doit toujours être immobilisé, et dans l’obscurité.

Comment faire? Le plus simple et le plus efficace est de posséder un sac de tissus sombre et de texture douce, fermé par un cordon coulissant. Ce n’est pas très compliqué à fabriquer soi-même à la maison. Il ne doit être ni trop grand , ni trop large ou profond , rectangulaire. Environ 25 cm de profondeur, 20 cm de largeur.

Vous y placez l’oiseau endormi, vous fermez le cordon, et vous suspendez ce sac dans un endroit calme et tempéré, et même chaud. A ce stade, il faut retenir les curiosités enfantines. Il m’est arrivé de déchoquer des oiseaux dans une couverture ou une serviette éponge, et, pour le dernier en date (un Merle femelle) en la maintenant comme indiqué sur la photo sous mon aisselle, à l’abri de mon pull-over !

Quelques minutes plus tard ( entre 5 et 15 minutes) notre accidenté doit avoir retrouvé ses esprits. Ouvrez précautionneusement le sac, et tendez votre main vers le fond, toujours paume ouverte vers le bas. Dans l’obscurité du sac et grâce à la chaleur l’oiseau est calme, il ne se débat pas. Il va bouger un peu au contact de votre main, reprenez-le comme indiqué. Ramenez-le doucement à la lumière du jour. S’il vous parait en forme, montrez-le aux enfants, prenez une photo, et relâchez-le dans le jardin !

  • A noter , il existe des silhouettes d’oiseaux à poser sur les vitres, à la manière des magnets. Pas de colle, pas de dégradation de la surface, mais elles signalent la présence du « mur  » . Voir sur les sites des associations de protection de la nature et des oiseaux. mais également en jardineries et boutiques spécialisées.

On en a parlé à la radio dimanche 11 décembre

Evelyne a découvert des cochenilles sur son Phalaenopsis !  Aspect blanc cotonneux, immobilité, miellat poisseux, la détermination ne fait aucun doute. Comme les pucerons , il s’agit d’insectes piqueurs suceurs qui se nourrissent de sève et rejettent des sucres. Une méthode de lutte directe consiste en la préparation d’un mélange d’un corps gras et d’alcool additionné d’eau appliqué sur les cochenilles. Attention, comme les pucerons également, les cochenilles sont favorisées par l’usage régulier des engrais solubles riches en azote (N).

Les proportions de ce mélange à fabriquer à la maison sont un simple ordre de grandeur, pas question d’user d’une balance ou d’un verre graduée !

  • Vous mélangez intimement avec un petit fouet dans un bol en plastique – 1 cuillère à soupe bien pleine de savon noir liquide avec 2 cuillères à soupe d’alcool à 70° ( ou autre) 
  • Vous ajoutez un demi litre d’eau de pluie ou d’eau douce, en remuant.
  • Vous appliquez ce mélange  au pinceau, directement sur les insectes. Sur des végétaux plus rustiques, à l’extérieur, vous pouvez appliquer ce mélange avec un pulvérisateur en mouillant bien  les cochenilles. ATTENTION ! Ce mélange n’est pas sélectif. Le corps gras et l’alcool dissolvent les carapaces des insectes indésirables comme celles de vos auxiliaires les plus estimables !  S’il touche des larves de coccinelles ou de chrysope, par exemple, elles disparaitront  aussi. Donc pas de pulvérisations « à l’aveugle », systématiques!
  • OU L’ON REPARLE DU LIERRE :
    Les inflorescences du lierre à l'entrée de l'hiver...

    Les inflorescences du lierre à l’entrée de l’hiver…

    A l’occasion d’une question posée à l’ami  Robert Longechal samedi 10 décembre. Une auditrice souhaitait connaitre un moyen pour détruire du lierre sur une façade. Cette destruction est facile sans recourir à je ne sais quel polluant dangereux, mais elle mérite un peu de rélexion. Avant que de scier le tronc au ras du sol ce qui suffit à le tuer, vérifiez plusieurs points :

  • S’il touche la toiture et menace de soulever les tuiles ou de déformer les chéneaux et gouttières il est possible de le tailler . Le lierre se taille très bien, facilement.
  • S’il est enraciné Dans le mur ( ne pas confondre les vraies racines, celles qui l’alimentent , et les crampons qui lui permettent seulement  de grimper et qui ne prennent rien dans le mur ou dans l’arbre !) vérifiez l’état du mur. Il se peut, dans les vieux édifices, que le lierre » tiennent » la construction qui sans lui s’effondrerait. Mais là encore on peut le scier et scier à leur naissance toutes les velleités des repousses au fur et à mesure de leur apparition.
  • Lorsque le mur  est en pierres apparentes jointoyées ou  enduit d’un crépis en bon état,  réalisé selon les règles de l’art , le lierre s’avère être un équipement hyper utile en plus de sa beauté de caractère.
  • En effet, le lierre est un protecteur des murs contre les pluies battantes, et l’humidité. Il agit comme un isolant , parce que sous ses feuilles une couche d’air n’est pas à la même température que l’atmosphère, ni que le mur lui même.  En été il contribue à garder de la fraicheur dans la maison, en hiver il ralentit  le refroidissement du mur. Au pied de ceux-ci, il pompe l’humidité du sol et évite une part non négligeable de remontées capillaires.
  • Ce n’est pas tout ! Le lierre est dépolluant. Il a le pouvoir de capter les particules nocives  cancérigènes comme le benzène et les solvants encore très présents dans les peintures, les enduits, les colles.
  • Enfin… c’est un allié indispensable pour notre environnement. Le lierre nourrit de son nectar des pollinisateurs comme les osmies (sans ces abeilles sauvages nous n’aurions pas de framboises) mais également des bourdons. A la fin de l’hiver merles, grives, fauvettes en consomment les fruits alors que les ressources sont très maigres. Plus tard dans son feuillage il abrite leurs nidifications, sans oublier le très petit insectivore timide nommé Troglodyte  pour ne citer qu’eux…

Au sol, il rampe. Et il est un véritable répulsif pour les chiens qui n’y font pas           leurs besoins. C’est pourquoi dans les villes en pointe dans les domaines             environnementaux comme Lyon le lierre est  favorisé dans les massifs urbains à l’ombre des arbres….

  • Vraiment, réfléchissez avant de vous priver des immenses services rendus par le lierre , bien trop méconnu!
    Le lierre accompagne la croissance et le vieillissement de l'arbre.

    Le lierre accompagne la croissance et le vieillissement de l’arbre.

    A lire : Au royaume secret du Lierre, Bernard Bertrand, Collection Le Compagnon Végétal. Aux Editions de Terran.  

On en a parlé à la radio dimanche 27 novembre 2016

Parlé de quoi? De la plante cruelle !  La question d’Eric était simple et directe : « Qu’est ce que c’est que cette bête » ? 

Voici « la bête », photographiée par notre auditeur.

Les fruits de cette grimpante dans le cyprès d'Eric

Les fruits de cette grimpante dans le cyprès d’Eric. Photo Eric.R

Il y a de quoi étonner! Eric ne l’a pas plantée, elle est arrivée toute seule et a vite escaladé le cyprès. Sa floraison est-elle passée inaperçue? Les fleurs sont blanches nuancées de rose au revers des 5 pétales, et parfumées. C’est une belle plante grimpante d’origine sud-américaine, Jusque là rien à dire, des sites de vente de végétaux en ligne la propose et d’ailleurs à des prix conséquents. Sauf que…

Araujia sericifera  c’est son nom botanique, vous pouvez traduire en Araujia « porte-soie » est de nature très dynamique, expansive même, et ici et là près de la Méditerranée elle devient invasive. Ce qui signifie qu’elle supplante et élimine progressivement la flore en place. A la manière des buddleïa dans certaines vallées. Sericifera , quelle est cette soie que son nom évoque? Non, pas par le fait qu’elle a d’abord été considérée comme intéressante pour les qualités de ses fibres textiles, mais parce que les graines contenues dans ses fruits aux allures de poivron, se transportent joyeusement au loin dans le vent grâce à leurs plumets soyeux. C’et une cousine des Hoyas qui ont des graines semblablement équipées, ou des « perruches » végétales., les Asclépias de nos grand-mères

Au coeur du fruit avant maturité apparaissent le latex et les graines dont on voit le futur plumet soyeux.

Au coeur du fruit avant maturité apparaissent le latex et les graines dont on voit le futur plumet soyeux. Photo Eric R.

Lorsque la graine arrive au sol dans un endroit favorable (comme chez Eric au pied de son cyprès) elle germe, et la plante se développe. Lorsqu’elle ne rencontre pas d’arbre ou de support pour s’élever elle rampe et devient couvre-sol exclusif. Et comme elle n’a aucune exigence particulière sur la qualité du sol (même les plus secs lui conviennent pour peu qu’il pleuve au moment de la germination et des premières semaines suivantes)

Invasive, donc, elle ne devrait pas tarder à figurer sur la liste noire des espèces à proscrire, mais en plus elle a l’inconvénient chez nous de détruire nombre de pollinisateurs aussi sûrement que les spécialités pesticides de l’industrie chimique phytosanitaire! Très attirante pour les insectes qui se nourrissent de nectar, elle les piège, sans être carnivore. Elle les retient jusqu’à ce qu’ils meurent de fatigue ou de faim. En fait il semblerait que les pollinisateurs de ses contrées d’origine soient plus costauds que les nôtres, et sortent de table plus prestement. Abeilles domestiques, abeilles et bourdons sauvages trop souvent oubliés, hyméoptères et diptères dont les larves sont parasitoïdes donc éminemment utiles aux cultures, papillons aussi surtout les plus inoffensifs et menacés (!)  sont les victimes de « la plante cruelle ». Vous comprenez maintenant pourquoi.

Que pouvons nous faire pour éviter son expansion ? L’identifier dès son apparition (plusieurs sites internet la décrivent en détails et montrent sont feuillage) et l’arracher. Au moins : cueillir ses fruits et les détruire. En prenant la précaution d’utiliser des gants et des lunettes, le latex qu’elle contient est très irritant pour l’épiderme et pour les yeux.

Enfin…espérer l’arrivée de quelques jours de vrai froid, avec des gelées nocturnes de l’ordre de -5 °C . Dès -5°C elle est détruite. La belle sud-américaine est frileuse, peu rustique, mais profite bien de nos hivers doux .

On en a parlé dimanche 13 novembre à la radio !

  • Avec Anne-Marie, nous avons évoqué la plupart des causes connues d’absence de fruits sur les cerisiers. Sauf UNE… Pendant plusieurs décennies, la variété de cerisier la plus demandée a été Burlat. Anne-Marie a un Burlat. Cette cerise excellente, charnue, sucrée et goûteuse, ne peut naître que d’une pollinisation croisée avec une autre variété. Si, dans le quartier où habite Anne-Marie il n’y a pas d’autres cerisiers, ou s’il n’y a plus que des Burlat, les fleurs de son arbre ne peuvent pas recevoir le pollen d’une autre variété, ou trop peu. La solution ? Soit planter un jeune cerisier d’une autre variété compatible avec Burlat, telle que « Van », ou « Hedelfingen », soit suspendre pendant quelques heures dans les branches de son « vieux » cerisier Burlat  un bouquet de branches en fleurs d’un autre cerisier appartenant à une variété pollinisatrice. Ce qui est moins évident. Pourquoi ne pas s’arranger entre voisins pour planter des variétés complémentaires, et ainsi partager des récoltes plus généreuses?
  • Avec Mariette de Graissesac, nous avons parlé de la santé des érables du Japon sous notre climat sec de type méditerranéen. Une auditrice d’Hérépian, Sylvie était à l’écoute et elle apporte son témoignage ( à retrouver dans ce blog, avec ma réponse)
  • Avec Yves de Montpellier, nous nous sommes penchés sur cet hibiscus qui présentait un symptôme inquiétant. Vers la fin de l’été, ses feuilles tombaient, crispées, encore vertes. Tout à côté, 2 autres hibiscus ne montraient  aucun symptôme. Nous n’avons pas eu le temps – et je n’ai pas eu la présence d’esprit – d’évoquer tout de suite  la possibilité d’un défaut de la poterie contenant l’arbuste. Ce symptôme est celui d’un desséchement par défaut d’arrosage. En l’occurence d’une fuite par drainage trop direct ( Mélange trop fibreux ? Déshydraté?), ou par un défaut du vase, une fissure, une cassure ?
  • Le cerisier est en fleurs. Entre symbole éternel et espoir de consommation....

    Rien de moins évident que la pollinisation chez les cerisiers….

On en a parlé à la radio, dimanche 9 octobre 2016

Dans le Biterrois, Martine s’inquiète pour la santé de son cerisier et de son pommier, malades tous les deux. Mais ils ne présentent pas les mêmes symptômes…Le cerisier d’abord:

La gomme est bien visible à gauche et à droite, au ras du sol.

La gomme est bien visible à gauche et à droite, au ras du sol. Crédit photo Martine Béziers.

Même si vous entendez parfois parler de  » gommose » ces exsudations de gomme sur le tronc des arbres est un symptôme physiologique, non une maladie. Il ne s’agit pas de la sève de l’arbre, mais d’une substance qui appartient à son système de défense contre les agressions – soit mécaniques par des blessures d’origines diverses ( lames d’outils, chocs, clous, dents des animaux etc.) – soit par une maladie, les deux pouvant être liées. par exemple lorsqu’un champignon pénètre par une blessure ou une plaie de taille et envahit le sujet de l’intérieur. Ici , et cet aspect n’a pas été évoqué à l’antenne,  on observe visiblement que le symptôme primaire est situé au ras du sol, dans un replis dont l’origine est peut-être dans le point de greffe. Pour expliquer l’apparition d’un champignon alors que Martine est certaine qu’aucune blessure n’a été faite à l’arbre, je pense que la profondeur de plantation ( ou bien un apport de matériaux destinés à suréléver le niveau du sol? Ou à  l’imperméabiliser ?) a enterré le collet de l’arbre ! De plus la surface alentours semble très compactée. Donc asphyxiante pour les racines.  Ce n’est pas le paillage en menus galets roulés qui pose problème, au contraire!  Mais il faut toujours se souvenir, à la plantation d’un arbre ou lors de travaux par la suite, que le collet doit se situer exactement au contact de l’atmosphère. Entre les racines et le tronc, le collet est une partie légèrement renflée qui doit affleurer. Dans un sol très tassé, compacté comme ici, les cellules de l’écorce du tronc qui ne sont pas adaptées à la vie sous le « niveau zéro » laissent passer des champignons à la faveur de l’humidité stagnante, ou d’une attaque parasitaire.

Il n’y a pas de remède miracle. Il ne faut surtout pas gratter cette gomme. Elle ramollit par temps humide, elle durcit par temps sec , mais c’est en quelque sorte « un pansement » et « un barrage » que le cerisier élève contre la menace. Préparez un emplâtre d’argile verte que vous « tartinerez » généreusement sur l’écorce autours de la plaie, et sur la gomme.

Pour 500g d’argile verte (inutile d’acheter de l’argile officinale en pharmacie! Les boutiques bio en proposent, comme les rayons phyto des jardineries) vous pouvez ajouter une cuillère à soupe de poudre à bouillie bordelaise, et 20 gouttes d’huile essentielle de citronnelle. Travaillez le mélange dans une cuvette en plastique jusqu’à la consistance voulue, celle d’une pâte à tartiner, bien onctueuse. refaire l’emplâtre à la sortie de l’hiver..

Et pour le pommier ? La suite au prochain numéro !

 

 

On en a parlé à la radio, dimanche 2 octobre 2016

Tout d’abord avec Monique (de Palavas-les-Flots) et une question à propos d’une plante inconnue offerte en cadeau, étiquette perdue. J’attends une photo – joel.avril@radiofrance.com pour être sûr qu’il s’agit bien d’une variété récente de Sansevière, ou « langue de belle-mère », Sansevieria cylindrica par exemple. Au lieu de se dresser comme des lames larges et pointues, les feuilles de ces variétés ressemblent plus à des tubes (d’où ce qualificatif de « cylindrica ») plantés droit dans le pot. Pour les cultiver chez soi, les soins ne diffèrent pas, le pot reste à l’extérieur à l’ombre ou mi-ombre du printemps à l’automne, et rentre au frais durant l’hiver dans une pièce lumineuse peu chauffée. La plante supporte les ambiances chaudes et sèches de l’hiver à la maison, mais il convient alors de l’arroser de temps en temps.

Avec Christiane est revenu le problème de la mineuse des agrumes, Phyllocnistis citrella. Christiane s’inquiète beaucoup, pourtant il s’agit d’attaques ponctuelles qui n’affectent qu’une partie du feuillage, et ne mettent pas en danger la santé de l’arbuste. Surtout en fin d’été, sur des agrumes cultivés à l’extérieur en pleine terre ou en pot. Il faut brûler ces feuilles dès qu’elles sont repérées, pour éviter que les larves n’aillent se transformer durant l’hiver dans le sol ou le substrat et ressortir, adultesau cours du printemps suivant. Les agrumes en pleine terre et ceux qui passent l’hiver au frais sont plus aptes à développer une résistance à ce parasite -et pas seulement.

Ceux également qui ne recoivent pas d’engrais soluble de synthèse mais des engrais organique (liquide ou non ) donc d’origine naturelle, biologique, sont moins appétants.

Elevé naturellement, régulièrement surfacé dans un jardin où les insectes et les oiseaux sont favorisés mes agrumes ne connaissent pas la mineuse...

Elevés naturellement, régulièrement surfacés et plaçés dans un jardin où les insectes et les oiseaux sont favorisés, mes agrumes ne connaissent pas la mineuse…ni la teigne, ni les carences.

Christiane a utilisé une spécialité biologique, le piège à phéromone spécifique de la mineuse. Elle pense que çà n’a pas été efficace. Précisément : l’information n’est jamais assez développée autours de ces dispositifs qui ne s’utilisent pas du tout au hasard, n’importe quand. Oublié le papier attrappe -mouche, çà n’a rien à voir. Il est évident que les capsules de phéromone doivent être opérationnelles au moment où les adultes commençent à voler. S’ils ont déjà pondu, les larves sont dans les feuilles, c’est trop tard ! Ces capsules soivent être conservées à bonne température, au froid (réfrigérateur et même congélateur pour un long délai avant usage) et ne jamais être manipulées avec les doigts non gantés.

Lorsque les larves sont dans les feuilles il ne reste plus que la destruction de celles-ci comme indiquées. Il se trouve encore des personnes ou des officines pour recommander des insecticides systémiques . Comprenez : qui empoisonnent l’intérieur de l’arbre, feuilles et fruits compris. Ce qui se fait encore pour d’autres parasites, sur les cerisiers, les oliviers etc…D’aucun se rassure en suivant les notices des fabricants qui annoncent que le produit à une durée de toxicité dans le végétal limitée à x jours et que ce délai passé il n’y plus de risque d’en consommer les fruits. Faut-il les croire? Non, évidemment. Et nous développerons ces sujets chaque fois que nécessaire. En attendant que toutes ces substances nocives soient retirées du marché (faites vite!) , et si nous avons la chance de posséder un jardin, développons nos connaissances dans les domaines de la nature et de l’écologie scientifique. L’avenir est là .

Denise souhaitait savoir quand réduire( un peu ) la longueur de la pousse d’un dipladénia cultivé à l’extérieur…. Quand vous voulez, Denise! Il n’y a pas de règle générale. Evitez simplement de lui laisser des rameaux trop vieux ( coupez-les le plus bas possible) , réduisez la longueur de ceux qui pourraient gêner, ou que le vent  pourrait endommager. Taillez long avant l’hiver, plus court à la sortie de l’hiver, et protéger le pot s’il est hors-sol en cas d’annonce de vague de froid sévère. Protection de la motte essentiellement avec des cartons , de vieux tissus. Qaund bien même la partie aérienne gèlerait, il regrimpe très vite et aussi haut au printemps qui suit ! 

Le Mandevilla laxa, très parfumé, disparait pendant l'hiver. Pour reprendre 3 m et plus au printemps!

Le Mandevilla laxa, très parfumé, disparait pendant l’hiver. Pour reprendre 3 m et plus au printemps! C’est un proche parent des « Diplas »  de nos horticulteurs.

 

On en a parlé à la radio, dimanche 25 septembre 2016

1 – Un écran vert , un brise-vue sur balcon.

 C’est ce que souhaite Renée. Seulement voilà, l’exposition est brûlante. Au soleil couchant, devant une façade blanche, donc avec une forte réverbération.

De plus, il s’agit de la terrasse d’un appartement en étage,  les végétaux doivent être plantés dans des jardinières. Ce qui limite un peu la  liste des possibilités, beaucoup de grimpantes vivant mieux et plus longtemps en pleine terre ou dans d’ importants volumes de mélange terreux.

Bien que nous ne connaissions pas le volume de la jardinière ( profondeur ? largeur ?) la première idée qui vient à l’esprit nous fait regarder du côté des bambous. Ceux du genre Fargesia paraissent tout indiqués. Ils ne tracent pas (cespiteux),  plusieurs espèces ne dépassent pas 2m50, 3m, se taillent très bien, supportent les froids vifs. mais pas toujours la sécheresse, attention à votre choix de Fargesia. Ils sont parmi les plus élégants des bambous.

Compte tenu des contraintes, les plus adaptés à une solution pour Renée sont Fargesia robusta, Fargesia dracocephala, Fargesia murielae. Il en existe d’autres, mais qui supportent moins bien le soleil. Exigez l’une de ces 3 espèces , plantez les à 70 ou 75 cm de distance, dans un mélange de 2/3 de terre franche (prise en surface au jardin) et 1/3 de terreau enrichi de sable grossier et de fumier bien composté.

Une autre possibilité : une plante grimpante, persistante ? Cette plante pourrait être le « jasmin » étoilé, le trachelospermum jasminoïdes. Les  conditions et précautions de plantation sont les même, dans un cas comme dans l’autre soignez le drainage du fond de la jardinière (environ 1/5 de la profondeur en galets, cailloux, tessons divers etc.) mais surtout Renée devra, dans ce cas, installer un solide treillage. La plante exhubérante sera tissée sur le treillage, jusqu’à obturer le regard. Ses fleurs sont délicieusement parfumées. Son seul inconvénient : elle est (un peu trop) à la mode; Ce qui n’est qu’un avis personnel!

Planté côté nord , le trachelospermum s'est généreusement développé côté sud!

Planté côté nord , le trachelospermum s’est généreusement développé côté sud!

On en a parlé à la radio dimanche 11 septembre

Les balsamines ( « Impatiens balsamina » ) sont moins cultivées de nos jours sur les balcons et dans les jardins. Il faut dire que ce sont – comme leurs cousines – des buveuses d’eau. Et les nombreux loisirs extérieurs font qu’aujourd’hui ce sont des plantes  plus sobres et  plus …patientes qui sont à la mode. Allez savoir pourquoi.

C’est en Espagne, très au sud du pays, que Jean, auditeur biterrois a découvert les balsamines, dans un restaurant ! Certainement bon client, le serveur lui a donné celle-ci :

Balsamines sur fond de faiences ibériques!

Balsamines sur fond de faiences ibériques! (Photo : Jean, de Béziers)

Il semblerait qu’elle soit cultivée comme une vivace en espagne, alors que nous la considérons comme une annuelle dont nous achètons les jeunes plants au printemps, et dont nous nous séparons passé le premier coup de gel. De tempérament assoiffé , toutes ses grandes cellules un peu translucides sont pleines d’eau. D’où sa sensibilité au gel. A contrario, là, au sud de l’Andalousie, elle est conservée à l’intérieur pendant l’été et vraisemblablement placée à l’extérieur durant les autres saisons.

Vos précisions, ou le récit de vos expérienceseront les bienvenues en commentaires

Au printemps prochain, si vous n’en trouvez pas des plants, n’hésitez pas à en semer. Rien de plus facile à réussir! Cette impatiente a une silhouette un peu exotique qui ravissait la belle époque, comme un palmier minature portant des petites fleurs de camélia, dans des tons pastels chauds et  irisés . Encore un souvenir d’enfance, cette plante me fascinait alors que -sans me baisser ! – je regardais dans leur coeur. Puis prenais folle joie de me faire peur en touchant les fruits mûrs pour les faire exploser, et propulser leurs graines.

A Mireval ( 34 ) Françoise est mordue de cultures de plantes carnivores! Mais…elle a oublié les coordonnées d’un maître en la matière. Quand une question comme çà tombe à l’antenne en direct, en général la mémoire (la mienne en tous cas) est prise au dépourvu, même si vous connaissez parfaitement le spécialiste. Il s’appelle Jean-Jacques Labat. Il a un site http://www.natureetpaysages.com. Une adresse 32360 Peyruse-Massas , et un numéro de tél :05 62 65 52 48. Que Françoise de Mireval  veuille bien m’excuser,et Jean-Jacques aussi, j’avais croqué son nom !

 

Vous aimez vos roses ? Elle aussi, sans le savoir.

La Scolie hirsute, une alliée sûre....

La Scolie hirsute, une alliée sûre….

Elle a un nom : Scolie hirsute, Scolia hirsuta. C‘est une guêpe solitaire (elle ne vit pas en société ou « colonies » , comme les guêpes qui viennent mendier un bout de côtelette ou de pêche durant l’été!). Les adultes se nourrissent de nectar en butinant les fleurs. Celle-ci a été trouvée morte il y a quelques jours, ce qui explique la tristesse de cette photo. Les scolies sont en danger parce qu’elles ressemblent (de loin!) à des frelons, alors qu’elles vivent leur vie sans embêter personne et n’ont aucune agressivité vis à vis de nous, et aussi parce que les jardins ressemblent par leur « propreté » de plus en plus à l’intérieur de la maison, et parce que les friches sont condamnées et nettoyées. Seulement voilà :

Au printemps, lorsque les rosiers sont en fleurs, le téléphone sonne et vous me demandez si je connais une solution pour éviter que les cétoines dorées ou funestes  viennent défigurer vos roses par leur goût du pollen qui les pousse à brouter les étamines Ou bien si les grosses « chenilles » blanches dans le terreau sont nuisibles .

Cette scolie, cette grande guêpe à la livrée noire et jaune qui fait peur à certain(e)s est votre meilleure alliée. Elle fouille le sol ( mais également votre terreau, votre compost) à la recherche des grosses larves boudinées des cétoines. Elle pond un oeuf sur la larve. De cet oeuf naitra une larve de scolie qui se nourrira de la larve de cétoine, donc en la condamnant. Il y aura (au moins!) une cétoine de moins au coeur d’une rose.

Respectez les hyménoptères, abeilles et  guêpes solitaires ou sociales, domestiques ou sauvages, dans leur grande diversité. Réservez dans votre jardin un espace naturel, non travaillé, non « nettoyé », comme un petit conservatoire pour les dons de la nature. Plantez une grande diversité de végétaux de familles différentes. Semez des graines de semences de fleurs destinées aux pollinisateurs, aux papillons, aux auxilliaires. Notre scolie est un exemple parfait de l’auxillaire parasitoïde,  alliée perso des amateurs de roses, pas si secrète que çà car bien visible.

Banissez les traitements chimiques et les pièges stupides. Il faut plusieurs années pour retrouver les prémices d’un équilibre à partir duquel les problèmes diminuent à un point tel que certains passent inaperçus. Vous en regretterez peut-être la vision d’une cétoine dorée (à l’or fin) dans son orgie poudreuse …